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le 01/07/2006 à 00h10

Le Journal du Mondial - N°24

Victime de la marche en avant allemande, l'Argentine a quitté le Mondial au bout du suspense (1-1, 4-2 t.a.b.), alors que tranquillement, l'Italie a rejoint le dernier carré face à l'Ukraine (3-0). Il y aura aujourd'hui de la revanche dans l'air lors des explosifs Angleterre-Portugal et Brésil-France.

La Mannschaft écrit sa légende

On s'attendait à un match épique, et on n'a pas été déçu. Le quart de finale Allemagne-Argentine a été durement disputé, mais ce sont finalement les joueurs de la Mannschaft qui disputeront la demi-finale. Les Argentins avaient pourtant fait le plus dur en ouvrant le score face au pays organisateur de ce Mondial par Ayala (56'), mais la volonté allemande était plus forte, et l'inévitable Miroslav Klose a remis toute une nation sur orbite à dix minutes de la fin. Et au petit jeu des tirs aux buts, l'Albiceleste, qui avait déjà disputé 120 minutes face au Mexique au tour précédent, a craqué. Ayala puis Cambiasso ont vu leurs tentatives repoussées par un Jens Lehmann héroïque. Le délire s'est alors emparé de l'Allianz Arena et de toute l'Allemagne. Un scénario qui nous rappelle une fameuse séance de tirs aux buts en 1998, au Stade de France, entre la France et l'Italie…

Et c'est justement l'Italie que l'Allemagne retrouvera sur sa route pour accéder à la finale. Contrairement au huitième de finale face à l'Australie, remporté à la 95e minute, la Squadra Azzurra a assis sa supériorité dès le début du match avec une frappe victorieuse de Gianluca Zambrotta à la 6e minute de jeu. Entre un Shevchenko et un Totti de retour à leur meilleur niveau, la suite du match s'est disputée « à l'italienne » , avec une défense transalpine solide et bien aidée par un Buffon aérien et imbattable. Ensuite, l'Italie a su profiter des légers espaces laissés par les Ukrainiens, et il n'en a pas fallu plus à Luca Toni pour inscrire ses deux premiers buts en Coupe du monde. Tranquillement, l'Italie retrouve donc les demi-finales d'un Mondial pour la première fois depuis 1994. Et cet Allemagne-Italie sera chargé d'histoire. En deux équipes trois fois lauréates, l'affrontement sera forcément digne d'une finale.

De la revanche dans l'air

Les deux derniers quarts de finale mettront aux prises aujourd'hui des équipes qui se connaissent bien. Et même très bien. Il y a deux ans, déjà en quarts de finale, le Portugal avait éliminé l'Angleterre de l'Euro aux tirs aux buts, après un match longtemps mené par les Anglais, qui ont encore ce douloureux souvenir dans leur mémoire. A Gelsenkirchen, la lutte sera âpre, mais les Portugais le savent et sont entraînés aux matchs à tension depuis leur huitième face aux Pays-Bas (16 avertissements, 4 expulsions). Costinha et Deco seront d'ailleurs suspendus, et Maniche, Figo, Petit, Nuno Valente, et Ricardo sont sous la menace d'un deuxième avertissement. Cela pourrait avoir son importance. En face, l'Angleterre, qui joue mal mais gagne depuis trois semaines, entend bien poursuivre sa route. Entre ces deux équipes sans fait d'armes depuis 40 ans, il faut oublier le passé et écrire une nouvelle page de leur histoire. Car on leur parle trop souvent à leur goût de cette Coupe du monde 1966, où le Portugal était monté sur la troisième marche du podium et l'Angleterre sur la première. Et Charlton avait battu Eusebio en demi-finale. A Rooney et Pauleta de prendre le relais.

Autre match autre revanche pour tous les Brésiliens. Pour ce peuple drogué à la victoire, trois traumatismes mondiaux subsistent : 1950, 1986 et 1998. 1950, c'est la finale perdue à domicile face à l'Uruguay. 1986 et 1998, ce sont des défaites aussi magnifiques pour les Français que douloureuses pour les Brésiliens. Le quart de finale de Guadalajara, gagné aux tirs aux buts par les Bleus, avait ruiné les espoirs de la génération Zico. La finale de 1998, elle, reste encore plus en travers de la gorge des brésiliens, convaincus que ce match a été acheté. Autant dire que pour les Sud-américains, le beau jeu passe au second plan ce soir. Surtout que l'équipe de France a prouvé face à l'Espagne qu'elle savait contrer une équipe qui manie très bien le ballon. Dans un tout autre contexte historique, le Brésil partirait largement favori. Mais on ne peut s'empêcher de penser que cette rencontre sera aussi indécise qu'il y a vingt ans. Une façon de se rassurer, car les quintuples champions du monde jouent à leur main depuis le début de la compétition, et semblent pouvoir accélérer à n'importe quel moment pour montrer qui est le patron.

La phrase du jour : Jürgen Klinsmann

« Nous avons toujours cru en nous et nous étions absolument sûrs que nous allions revenir lorsque nous étions menés 1 à 0. »

Euphorique, le sélectionneur allemand Jürgen Klinsmann ne pouvait cacher son énorme joie ( « Je suis très très heureux, et aussi terriblement fier de cette équipe et reconnaissant pour ce fantastique public » ) après la victoire des siens face aux Argentins aux tirs aux buts (1-1, 4-2 t.a.b.). Et il a assuré n'avoir jamais douté du retour de sa Mannschaft. Jouer à domicile, cela met en confiance.

Les matchs du jour

17h, à Gelsenkirchen : Angleterre-Portugal (sur M6 et Canal +)

21h, à Francfort : Brésil-France (sur TF1)

On connaît la première demi-finale du Mondial 2006, et quelle demi-finale ! Cet Allemagne-Italie sera, comme les derniers quarts de finale d'aujourd'hui, une rencontre à part et lourde de symboles compte tenu du passé de ces deux nations.

Par Cédric Chapuis, le 01/07/2006 à 00h10


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