
Attention aux cartons…
L'Allemagne, l'Italie, le Portugal et la France sont en liesse depuis ce week-end. Ces quatre pays ont en effet vu leur équipe nationale se qualifier en demi-finale de la Coupe du monde et le rêve du titre suprême est de plus en plus fort. Mais avant cela, il faudra négocier les demi-finales. Et un facteur pourrait avoir une grande importance lors de ces deux matchs : les cartons. La Mannschaft (Frings, Odonkor, Podolski et Friedrich) et la Squadra Azzurra (Grosso, Gattuso, et Zambrotta), tout comme les Lusitaniens (Ricardo, Nuno Valente, Ricardo Carvalho, Maniche et Figo) et les Bleus (Thuram, Sagnol, Vieira, Zidane, Saha et Ribery) ont plusieurs joueurs sous le menace d'une suspension pour le dernier match. Inconsciemment, ces joueurs y penseront à certains moments du match, et cela aura sans doute des conséquences.
Mais dans cette dernière ligne droite, c'est surtout le physique qui aura son importance. L'Allemagne et le Portugal ont disputé 120 minutes en quarts face à des adversaires rugueux. La France, elle, a plutôt dominé sa rencontre face au Brésil, mais jouer en bloc comme le font les Bleus pompe pas mal d'énergie. Finalement, seule l'Italie, qui a survolé son quart face à l'Ukraine (3-0), pourrait avoir une condition physique plus intéressante. Au contraire, les Portugais, qui ont beaucoup donné de leur personne face aux Pays-Bas puis à l'Angleterre, pourraient connaître un petit coup de mou. Mais le retour de Deco et Costinha, et le fait que l'effectif ait tourné face au Mexique lors du dernier match de poule devrait rééquilibrer tout cela. Mais la réponse, la seule, viendra du terrain, car il semble impossible de prédire quelle équipe prendra le dessus physiquement. On sait simplement que cet aspect aura une importance décisive sur la route qui mène à Berlin.
La question du jour : Le Brésil et l'Argentine s'en relèveront-ils rapidement ?
On les voyait déjà s'affronter en finale pour une revanche de la finale de la Coupe des Confédérations 2005 (victoire 4-1 des Brésiliens). Finalement, ces deux équipes sont rentrées en Amérique du Sud dès les quarts de finale, à 24h d'intervalle. Pourtant, Albiceleste et Auriverde semblaient disposer d'une des meilleures équipes de leur histoire. Emmenées par Riquelme, Ayala, Sorin et Crespo d'un côté, Ronaldinho, Kakà, Adriano et Ronaldo de l'autre, ces deux nations n'ont pas su passer l'obstacle des quarts de finale. Pour l'Argentine, pourtant, le premier tour prédisait une fin de tournoi glorieuse. Alliant à merveille la technique offensive, la rigueur défensive et le collectif parfaitement huilé, l'équipe façonnée par José Pekerman a impressionné. Mais le huitième de finale face au Mexique, remporté durant la prolongation, a laissé des traces à l'heure de faire définitivement la différence face à une équipe d'Allemagne qui n'a jamais renoncé.
Le constat est plus dur pour le Brésil, qui a certes remporté ses quatre premiers matchs assez facilement, mais sans offrir le spectacle que la qualité de son quatuor offensif laissait entrevoir. Sans imagination, ce Brésil 2006 est logiquement tombé face au bloc français, incapable de faire la différence au moment opportun. Déceptions parmi les déceptions, Roberto Carlos, Ronaldinho, Adriano, Kakà et Ronaldo ont paru suffisants par moments, et ne méritaient pas mieux. Annoncés champions avant même que la compétition ne démarre, le Brésil s'est peut-être vu trop beau. Il faudra trouver un nouvel état d'esprit, plus simple, peut-être moins « galactique » . Pour l'Argentine, le changement est également inéluctable, José Pekerman ayant décidé de quitter son poste. Diego Maradona ayant déjà annoncé son envie de prendre en main l'équipe nationale, on imagine mal son rêve ne pas devenir réalité… Et avec la génération Messi, l'avenir s'annonce tout de même glorieux. Mais on en disait autant de la génération Riquelme. Premiers éléments de réponse lors de la prochaine Copa America l'an prochain.
La phrase du jour : Arne Friedrich
« Je pense que notre condition physique est suffisamment bonne pour aller encore une fois jusqu'au bout de la prolongation lors du prochain match. »
Le latéral allemand Arne Friedrich envisage déjà une lutte très longue. Avant la demi-finale face à l'Italie mardi, il pense ainsi déjà à la prolongation. Si la victoire permet une récupération rapide, deux fois 120 minutes en quatre jours, cela pèserait tout de même beaucoup dans les jambes…
Si le spectacle du premier tour a laissé la place à un des rencontres à haute intensité et serrées, cette Coupe du monde reste de très grande qualité, avec quatre équipes européennes dotées de joueurs d'exception présentes dans le dernier carré. A 24h du début des demi-finales, la pression est déjà maximale.