
Les piliers
S'il y a bien un joueur qui, au sein de l'effectif lillois, ne souffre pas de la concurrence, c'est bien le latéral gauche Grégory Tafforeau. Le capitaine des Dogues a disputé onze des douze rencontres de son équipe cette saison, à chaque fois jusqu'à leur terme. Et lorsque la défense de Claude Puel a craqué contre Toulouse au Stadium Nord (1-3, 6ème journée), l'ancien Caennais a été l'un des seuls à offrir une prestation satisfaisante. Contre le Milan AC, son entraîneur, soucieux de contenir les assauts italiens, l'a même positionné milieu gauche, avec succès. Inutile de dire que son absence à Lyon s'est faite sentir (défaite du LOSC 4-1, 7ème journée). Et dire que, cet été, Lille a failli perdre son capitaine, convoité par Monaco…
Nicolas Plestan a lui aussi des attaches avec l'ASM : il y a (rarement) joué avant de rejoindre le Nord en 2001. Depuis, cet arrière central de 25 ans devait se contenter d'un rôle de doublure de Tavlaridis. Mais cette saison, le rapport de force s'est inversé : alors que le Grec peine à intégrer le onze de départ de Claude Puel, Plestan a disputé sept matches de championnat et trois en Champion's League. Sa seule absence en L1 coïncide avec la débâcle face au Téfécé. Dans un secteur où la concurrence est rude (avec Tavlaridis mais aussi Rafael voire Vitakic), Nicolas Plestan est le défenseur axial qui a participé, et de loin, au plus grand nombre de rencontres depuis le début de saison. Sa carrière en Ligue 1 est cette fois définitivement lancée.
A l'instar de Geoffrey Dernis, Mathieu Chalmé faisait partie l'an dernier de ces joueurs sur qui Claude Puel ne semblait plus compter mais qui étaient parvenus à retrouver une place de titulaire régulier durant la seconde moitié du championnat. Si Dernis a finalement rejoint Saint-Etienne cet été, le défenseur latéral de 26 ans tout juste a entamé l'exercice 2006/2007 comme il avait fini le précédent : dans la peau d'un titulaire. Avec onze matches joués au compteur, dont trois en tant que remplaçant, Chalmé s'est approprié le couloir droit. Et comme Plestan, il n'a manqué que la réception de Toulouse au Stadium Nord. Tafforeau, Plestan et lui sont d'ailleurs les seuls Dogues à avoir participé aux six succès lillois de la saison.
Ceux qui doivent se méfier
Titulaire lors des dix premiers matches du LOSC cette saison, à l'exception d'un match de suspension purgée contre Bordeaux lors de la 4ème journée (3-0), le Brésilien Rafael Schmitz figurait jusqu'alors, et notamment après son excellente partie à Rennes lors de l'ouverture du championnat, parmi les meilleurs arrières centraux de France. Mais depuis, il semble payer son mauvais match face à Fred et Källström, qui l'ont souvent pris de vitesse lors de Lyon-LOSC, soldé par une sévère défaite nordiste (4-1). Il ne doit son entrée en jeu face à Milan qu'à la blessure de Tavlaridis, et il n'a même pas participé à la réception de Nice il y a deux semaines (1-0). Au vu de ses prestations précédentes, il devrait toutefois vite refaire surface.
Si le défenseur latéral Stefan Lichtsteiner a joué onze des douze matches que sa formation a disputés depuis le début de saison, la majorité l'ont été en tant que remplaçant. En championnat, par exemple, le joueur suisse est entré en jeu quatre fois, faisant souvent office de «premier changement» pour son entraîneur. Ses récentes titularisations contre Toulouse et Lyon (au poste de milieu gauche), conclues par deux prestations quelconques, voire médiocres, et deux revers secs pour son équipe, ont joué en sa défaveur. En tous cas, elles n'ont pas permis à Puel de «boucher» son côté gauche, orphelin d'un vrai ailier. Pourtant celui-ci maintient sa confiance au joueur de 22 ans, qu'il a aligné d'entrée lors de trois des quatre dernières rencontres du LOSC.
Ceux qui ont marqué des points
Jusqu'à mi-septembre, le Grec Efstathios Tavlaridis n'avait pas disputé la moindre rencontre, si ce n'est le Lille-Bordeaux de la 4ème journée (3-0) pour lequel Rafael était suspendu. Son retour contre Toulouse lors de la 6ème journée s'est mal passé pour son équipe (défaite 3-1) mais la suite a été nettement meilleure. Contre Milan, Tavlaridis a livré un véritable combat dont il est sorti blessé mais vainqueur : Tony Sylva a gardé sa cage inviolée. Si bien qu'il n'est pas usurpé de considérer l'ancien joueur d'Arsenal comme le Lillois le plus à même de rivaliser physiquement avec des adversaires de ce calibre. Puel l'aurait-il préservé pour les joutes de C1 ? Son bon match contre Nice a en tous cas confirmé son retour en forme.
Des sept «principaux» défenseurs du LOSC, Milivoje Vitakic est celui que Claude Puel a le moins utilisé. Jusqu'à fin septembre, il n'avait pas encore foulé une pelouse de Ligue 1 en 2006/2007. A son actif, seulement deux apparitions : une en championnat à Lyon et, dès le match suivant, à Bollaert face au Milan AC en Ligue des Champions. Un bien maigre bilan qui mérite toutefois d'être nuancé. En effet, le joueur serbe a toujours répondu présent, signant à chaque fois des prestations convenables, ce qui, face à de grandes équipes et après plusieurs semaines sans jouer, démontre le bon état d'esprit du joueur et offre certaines garanties techniques. Vitakic bénéficie en outre de sa polyvalence, lui qui peut jouer côté gauche ou dans l'axe.
Adepte du roulement, l'entraîneur du LOSC Claude Puel a la chance de pouvoir compter sur des joueurs polyvalents et d'un niveau homogène. La défense-type qui semble en train de se dessiner changera sans doute encore beaucoup d'ici la fin de saison, d'autant que l'intégration de jeunes du centres de formation, une habitude lilloise, n'est pas à exclure…