
Un match gagné en huit journées. Trois résultats nuls, quatre défaites. Cinq buts marqués, soit la plus mauvaise attaque du championnat. Aucune réalisation pour les attaquants titulaires de l'équipe. Des recrues à l'acclimatation difficile (Cheyrou, Moreira), des joueurs, partis à l'intersaison, qui manquent (Frei, Kallström, Gourcuff)… Avant d'affronter Auxerre samedi dernier, le Stade rennais présentait un bilan maussade, digne de son début de saison catastrophique de la saison passée. Les Auxerrois, forts d'une belle série de sept matches sans défaite toutes compétitions confondues, comptaient bien ne faire qu'une bouchée d'une formation peu efficace sur ses terres (une victoire, deux matches nuls, une défaite).
Et pourtant, Auxerre est venu, Auxerre a couru (surtout dans le vide), et Auxerre a perdu. Surclassé dans tous les domaines par un Stade rennais retrouvé, qui a déployé durant toute la rencontre un jeu offensif, varié et efficace. A l'arrivée, une victoire probante (3-1), et trois points qui font un bien fou aux Bretons, qui quittent la zone rouge et se donnent de l'air au classement (15èmes, avec deux points d'avance sur le premier reléguable, Monaco). Pour Pierre Dréossi, l'entraîneur breton, tout y était : «Les joueurs avaient envie et ont été efficaces (…). On a vu des choses intéressantes : du mouvement, un bon jeu en équipe et on a réussi à marquer quand il le fallait» , appréciait-il sur le site du club.
Les recrues au placard
Bref, un changement radical par rapport à ce que les Rennais ont proposé auparavant, à savoir un jeu trop timide, sans audace. Il faut dire que Dréossi a pris des mesures radicales avant la rencontre. Daniel Moreira, titulaire depuis le début de la saison, est resté sur le banc. Avec un compteur but toujours vierge, l'ancien Toulousain n'a pas vraiment convaincu son monde. Bruno Cheyrou, lui, n'était même pas sur la feuille de match. L'ancien Bordelais a énormément déçu, au point d'être publiquement critiqué par son entraîneur. Les deux recrues de l'intersaison n'ont pour seul bilan qu'une petite passe décisive pour chacun depuis le début du championnat.
John Utaka était lui aussi en hibernation. Mais l'attaquant s'est réveillé, et de quelle manière ! Avec deux buts superbes inscrits ce week end, le brillant mais irrégulier Nigérian pourrait bien avoir lancé sa saison. Il faut dire qu'Utaka a eu des munitions pour briller, ce qui n'avait pas toujours été le cas cette saison. Derrière lui samedi, Etienne Didot, Olivier Monterrubio et le jeune Sylvain Marveaux, qui a remplacé Sorlin sur blessure, ont constamment créé le danger.
Confirmer face à Nice
Seul problème persistant samedi, les approximations défensives. Face à une attaque auxerroise incroyablement peu inspirée, les Bretons ont tout de même réussi à encaisser un but évitable, inscrit par Mathis en toute fin de rencontre. Presque anecdotique, il reste révélateur d'une certaine fébrilité, commune à beaucoup d'équipes de Ligue 1. D'ailleurs, au niveau des statistiques (11 buts encaissés en 9 rencontres), les Rennais ne sont pas les plus mauvais élèves dans le secteur (5ème défense du championnat, à égalité avec Lille, Lens et Troyes).
Reste désormais à confirmer tout le mieux constaté le week end dernier. Lors de la prochaine journée, demain, les Bretons reçoivent pour la deuxième fois consécutive. Un match crucial, puisque c'est l'OGC Nice, autre équipe mal classée à s'être bien repris lors de la dernière journée (3-0 face à Lorient) de venir défier les coéquipiers de Monterrubio. Les Rennais auront à coeur de confirmer, et joueront pour leur défenseur, Cyril Jeunechamp, gravement touché au genou face à Auxerre et indisponible pour au moins six mois. Le genre de tuile dont les Rennais n'avaient pas besoin, une deuxième victoire à domicile étant impérative pour véritablement décoller au classement.