

Cinq victoires en un an
Du temps de Luis Fernandez à la tête du PSG, en 2002-2003, il était question d'un «chat noir» au Parc des Princes pour expliquer les difficultés de l'équipe bleue et rouge à gagner chez elle. Trois ans plus tard, le constat s'est inversé : si les résultats à domicile restent convenables, malgré quelques gros accidents (PSG 2-3 Lorient en ouverture du championnat), c'est à l'extérieur que le club de la capitale perd le plus de points. En championnat, les coéquipiers de Pauleta ne se sont imposés hors de leurs bases que deux fois depuis un an : à Bordeaux (2-0) en novembre 2005 et à Monaco il y a quelques semaines (2-1, 6ème journée). Trois autres succès à Nantes (2-1), Vermelles (4-0) et Lyon-la-Duchère (3-0) en Coupe de France la saison dernière embellissent un peu le tableau. Mais depuis un an, le bilan du PSG loin du Parc est affligeant.
Sans doute est-ce pour lutter contre cette malédiction des déplacements que Guy Lacombe a plus souvent choisi la prudence que l'audace au moment d'emmener ses troupes sur les terrains de France ou d'Europe. Une prudence que certains jugeront excessive mais qui, défensivement, porte ses fruits : en neuf rencontres disputées à l'extérieur depuis le début de la saison, toutes compétitions confondues, Mickaël Landreau est parvenu à garder son but inviolé à quatre reprises (Valenciennes et Auxerre en Ligue 1, Derry et Bucarest en Coupe UEFA). Hélas, cette orientation défensive condamne les attaquants : avant Lyon, Paris n'avait plus marqué sur terrain adverse depuis le 17 septembre et son succès à Monaco (2-1). Bref, ce ne sont pas ses quatre 0-0 en huit sorties qui l'auront fait progresser au classement…
Paris frileux ou malchanceux ?
A l'époque où il dirigeait Sochaux, Guy Lacombe avait l'image d'un entraîneur offensif. Après dix mois de «vie commune» , pas sûr que les supporters parisiens partagent le même constat : pour le déplacement sur la pelouse du Rapid Bucarest il y a une semaine en Coupe UEFA, le technicien moustachu avait aligné six défenseurs (Sylvain Armand, habituel arrière latéral ou central, jouait par exemple à la place de Jérôme Rothen) et deux milieux récupérateurs. Bilan, 0-0 chez une équipe pourtant à la portée de la sienne. «Je voulais éviter la mésaventure d'autres clubs qui ont eu l'impression de maîtriser le match avant de se faire massacrer en contre» s'est défendu Lacombe. Il n'empêche, Paris n'a inscrit que 6 buts en neuf rencontres à l'extérieur cette saison.
Un faible rendement qu'il faut aussi attribuer au manque d'efficacité récurrent des Bleus et Rouges. Face à Saint-Etienne lors de la 8ème journée ou à Auxerre le week-end dernier, on ne peut pas accuser Guy Lacombe d'avoir pensé avant tout à protéger ses buts. Sans un Jérémie Janot des grands soirs, le PSG aurait ramené au moins un point de son déplacement à Geoffroy-Guichard, après une deuxième période nettement dominée. Et avec un peu plus de réussite pour Pauleta ou Kalou, les Franciliens obtenaient les trois points à l'Abbé-Deschamps. «Nous perdons encore des points à l'extérieur, admettait Lacombe après le 0-0 face à l'AJA. Mais sur l'ensemble du match, on mérite de gagner.» Un commentaire qui pourrait également convenir au match face à l'OL. Le successeur de Laurent Fournier en est persuadé : «Avec de la réussite, les résultats viendront.»
Lyon, le déclic ?
Face à l'OL, mercredi soir, Lacombe avait une fois de plus aligné une équipe renforcée défensivement (en 4-5-1) avec l'habituel latéral Paulo César au poste de meneur de jeu. La première mi-temps, conclue sur le score de 0-0, a ressemblé à celles qui avaient opposé le PSG à Derry ou à Bucarest. La deuxième période fut l'une des plus intenses pour le club cette saison. Hélas, après l'ouverture du score et à force de reculer, la défense a craqué en toute fin de match. Comme quoi, même quand il joue bien, le PSG semble encore victime de sa malédiction. Cette défaite peut toutefois lui servir de déclic, à condition qu'il parvienne enfin à attaquer ET défendre. Il faudra attendre le prochain déplacement des coéquipiers de Sylvain Armand dans trois semaines au Mans pour connaître les effets du traumatisme lyonnais...
Un manque de réalisme et une philosophie de jeu défensive empêchent Paris de gagner hors de ses terres, quand il n'est pas tout simplement victime d'une certaine malchance. Mais paradoxalement, la défaite à Lyon annonce peut-être un PSG moins casanier…