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le 03/01/2007 à 22h00

Bilan mi-saison : PSG

Annoncée comme le début d'une ère nouvelle, la première moitié de saison du PSG n'a fait que confirmer le déclin d'un club miné par son manque de résultats et ses problèmes extra-sportifs.

Avec à sa tête Alain Cayzac, dirigeant historique, un recrutement constitué en majorité de «joueurs de club» (Pierre-Alain Frau, Mickaël Landreau, David Hellebuyck, Sammy Traoré, Amara Diané, Albert Baning) et un Guy Lacombe maintenu à son poste d'entraîneur, le PSG croyait avoir assaini l'environnement vicié qui l'entoure (effectif divisé, médias exigeants, supporters pointés du doigt…). Il n'en est rien. En fait, ça n'a même jamais été pire.

Des problèmes sur et en dehors du terrain

Trois matches résument les différents visages que le PSG a montrés depuis le début de saison. Contre Lorient, lors de l'ouverture de la L1, les coéquipiers de Jérôme Rothen, auteurs d'une première période convaincante, vont inexplicablement s'écrouler durant la seconde et s'incliner 3-2 (sur deux buts de Fabrice Fiorèse, comble de l'ironie). Ce genre de faillite mentale se reproduira plusieurs fois, notamment contre Lens (12ème journée) : ce soir-là, les Bleus et Rouges mènent 1-0 à la pause mais encaissent trois buts au retour des vestiaires. Au moindre grain de sable, la machine parisienne s'enraye, comme si les joueurs étaient paralysés par la peur de perdre. Logique lorsqu'on évolue devant un public souvent hostile et dont certains éléments iront jusqu'à insulter les joueurs au Camp des Loges, fin novembre.

Il n'est donc pas étonnant que Paris ait fait meilleure figure à l'extérieur. La triple-confrontation à Lyon (Trophée des Champions, Coupe de la Ligue et championnat) s'est certes soldée par un match nul et deux revers mais elle illustre les bons côtés du club, capable de gêner l'OL comme peu d'équipes l'ont fait. A chaque fois, le champion de France a dû attendre les dernières minutes pour creuser l'écart. Car il faut bien l'admettre, Paris n'a pas non plus été très chanceux (manque de réalisme à Saint-Etienne ou Troyes, penalties inexistants sifflés contre Yepes, Frau suspendu deux mois…). Enfin, comment ne pas évoquer la réception de l'Hapoël Tel-Aviv en Coupe UEFA ? Par son score (défaite 4-2) et les incidents qui l'ont suivie (décès d'un supporter), elle concentre à elle seule tous les problèmes du PSG.

Satisfactions et déceptions

Même s'il s'en sert de cache-misère, Guy Lacombe a eu le mérite de sortir quelques jeunes : Mulumbu et surtout Chantôme se sont fait une place parmi les pros. Mais le meilleur Parisien, c'est Sylvain Armand : à gauche ou dans l'axe, l'ex-Nantais brille par son sérieux et s'affirme comme l'autre leader de l'équipe, avec Pauleta. Même s'il ne fait plus un miracle par match, le Portugais reste capable de gagner tout seul : ce fut le cas contre Lille, le Panathinaïkos en Coupe UEFA ou Lorient en Coupe de la Ligue. Après des débuts ratés, Kalou reste sur deux très bons mois. Comme toujours, on attend plus de régularité de sa part. Au milieu ou en défense, Rozehnal rassure ses partenaires. Loin d'être brillant, Rothen n'a toutefois pas mérité, sur le terrain, d'être régulièrement écarté par Lacombe.

En froid avec son coach, qui n'aime décidément pas les gros salaires, Dhorasoo n'est déjà plus qu'un souvenir au Parc. Un public qui, par contre, n'oublie pas de siffler Mendy, dont les limites semblent avoir été atteintes depuis déjà deux ans. Edouard Cissé, sans jamais être totalement mauvais, semble également plafonner. L'élégance naturelle de Yepes ne suffit plus à masquer son manque d'efficacité. Le Colombien a en plus été perturbé par la sévérité des arbitres à son égard. Diané n'a rien montré, sinon sur ses deux buts. Seul motif d'espoir : l'an dernier déjà, avec Strasbourg, il n'avait explosé que lors des matches retour. Landreau s'est mis en route très tard, en décembre. Traoré est pataud. Pancrate, Baning, Hellebuyck ou Paulo Cesar n'ont servi à rien ou presque, sans qu'on comprenne la raison d'un temps de jeu si réduit.

Les priorités pour 2007

Lorsqu'il est arrivé aux commandes du PSG en 2003, l'ancien président Francis Graille s'était déjà fixé comme objectif d'améliorer l'image du club. Trois ans plus tard, elle n'a jamais été aussi déplorable. Depuis les échauffourées et leurs justifications racistes qui ont suivi le match contre Tel-Aviv, il semble aux yeux de certains médias et d'une partie du grand public qu'il n'y ait qu'à Paris qu'on puisse croiser des hooligans d'extrême droite ; ou mieux, que tous les supporters parisiens aient quelque chose à se reprocher… Certains ont même évoqué la dissolution pure et simple du club ; on n'a même pas dissout Liverpool après le Heysel ! Il n'empêche, au-delà de ces raccourcis, le club et les pouvoirs politiques doivent régler la question des fans venus au stade pour cogner ou faire le salut nazi. La fermeture d'une partie de la tribune Boulogne est une solution aveugle et à court terme. 2007 doit en apporter de nouvelles.

Sur le plan sportif, la seule arrivée acquise est celle de Marcelo Gallardo, qui s'entraîne avec ses coéquipiers depuis lundi. Reste à savoir si le joueur de 31 ans (il les aura dans 15 jours) est toujours le même que celui qui, en 2000, menait le jeu de l'AS Monaco, facile champion de France. A l'époque, le talent et l'influence du petit Argentin étaient comparables à ceux de Juninho à Lyon. Qu'en sera-t-il avec cinq ans de plus ? Si certaines rumeurs traduisent une volonté du PSG de recruter un arrière droit, un milieu défensif ou un attaquant, Alain Cayzac a quant à lui affirmé que le mercato était fini. Une sentence qui s'applique également aux départs. Le président parisien l'a affirmé, «Rothen n'a pas demandé à me rencontrer officiellement, ce qui est très bon signe. Il reste à Paris.»

Comme le dit Alain Cayzac, le PSG ne peut qu'aller mieux en 2007… Il doit pour cela éviter la L2, lui qui ne compte que 2 points d'avance sur la zone rouge. Seule éclaircie, la Coupe UEFA : les Parisiens sont parvenus à sortir de leur poule malgré un parcours moyen.

Par Julien Demets, le 03/01/2007 à 22h00


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