

Avec l'arrivée d'Alain Cayzac, un président respecté par les supporters, et le recrutement de joueurs stables et habitués à la Ligue 1 (Frau, Hellebuyck…), le PSG croyait avoir mis toutes les chances de son côté pour éviter une énième saison de crise. Hélas, les choses se sont passées encore plus mal que d'habitude : pour la première fois depuis la fin des années 1980, le club de la capitale a frôlé la relégation et ne s'est officiellement sauvé que lors de l'avant-dernière journée.
Des problèmes sur et en dehors du terrain
Jamais on ne parviendra à mesurer l'impact sur la suite de la saison de la première défaite des Parisiens à domicile contre Lorient à l'occasion de l'ouverture du championnat. Si on a très vite compris que le PSG ne gagnerait rien cette saison, ce n'est réellement qu'à partir du mois de novembre qu'on a pris conscience qu'il lutterait pour ne pas descendre : 12 matches sans victoire entre le 5 novembre et le 10 février ont poussé les coéquipiers de Pauleta dans la zone rouge (ils y passeront en tout 3 journées). Pire, au coup d'envoi du match à Lens (30ème journée), ils sont derniers ! Deux buts d'Armand et de Diané vont leur permettre de revenir de Bollaert avec trois points avant qu'une belle série lors des neuf derniers matches (6 victoires, 2 nuls et une défaite) ne leur assure un avenir parmi l'élite. Reconnaissons au moins aux Parisiens le mérite de s'être battus ensemble pour un club dont on caricature souvent les penchants individualistes. Autre point positif : la Coupe UEFA : le club s'y est montré étonnamment compétitif (éliminé en huitèmes de finale par Benfica) mais y a sans doute perdu beaucoup de forces.
En dehors du domaine purement sportif, rien n'a été épargné au PSG : l'éviction rocambolesque de Vikash Dhorasoo, les penalties systématiquement sifflés contre Yepès, la suspension de deux mois prononcée contre Pierre-Alain Frau après qu'il a blessé le Sedanais Noro et qui ne donnera lieu à aucune jurisprudence, voilà qui fait déjà beaucoup. Mais le plus grave restera bien sûr la mort d'un supporter touché par la balle d'un policier en civil lors d'affrontements après le match de Coupe UEFA contre l'Hapoël Tel Aviv. Après cette soirée, les fans du PSG et la politique du club envers les plus radicaux d'entre eux seront plus que jamais montrés du doigt. La tribune Boulogne sera en partie fermée pendant deux mois. L'image du PSG est une fois de plus brouillée. Pire, avec les matches programmés à 15 heures pour éviter les débordements, le Parc des Princes se vide à vue d'oeil : Cayzac déclare même que le club est «en danger de mort» . Il faudra attendre l'état d'urgence de la situation sportive pour que le PSG soit à nouveau uni, soutenu par un stade plein et un public montrant une affection presque aveugle pour son équipe.
Satisfactions et déceptions
Hésitant au mois d'août, Landreau a brillé le reste de la saison. Sans ses parades miracles, le PSG compterait 10 points de moins. Combatif en défense, percutant en attaque et plus motivé que jamais, Jérôme Rothen s'est même offert quelques buts décisifs en fin de championnat. Dire que Guy Lacombe était sur le point de le faire partir à la trêve… Edouard Cissé, buteur à Toulouse et contre Lyon, a également livré une très bonne deuxième moitié de saison. Luyindula a mis du temps à peser sur le jeu mais sa technique et son altruisme l'ont par la suite rendu indispensable. Aussi régulier que polyvalent, Armand a aussi inscrit le but le plus important de la saison pour le PSG (2-1 à Lens, 30ème journée). Sans être toujours très rassurant, Diané marque des buts essentiels (contre Monaco, Lens, Le Mans…). Enfin, malgré un score moyen (15 buts, auxquels viennent quand même s'ajouter 9 autres en coupes) et une statut de titulaire remis en cause, Pauleta termine meilleur buteur de L1. Auteur de 14 buts seulement il y a deux ans, il s'était réveillé la saison suivante pour en inscrire 21. Rien ne permet pour l'instant de dire que le Portugais décline.
S'il a tenu son équipe à bout de bras en décembre, Kalou a par la suite totalement disparu des compositions d'équipe de Le Guen. Son dernier match remonte au mois de mars et ses statistiques personnelles (2 buts dont un sur penalty et 3 passes décisives) sont indignes de son talent. Brouillon dans ses interventions défensives, un temps relégué sur le banc par le jeune Mulumbu, pourtant milieu défensif de formation, Bernard Mendy semble vraiment avoir atteint ses limites. La charnière centrale composée de Rozehnal et Yepes (remplacé par Sammy Traoré en fin de championnat pour cause de blessure) jouit d'une bonne réputation mais, dans les faits, le PSG concède un nombre incalculable de buts à domicile et sur corner. Même lorsqu'il s'est remis à gagner, le club de la capitale a continué à encaisser beaucoup de buts (seulement trois «clean sheet» sur les 15 derniers matches). Le poste de milieu droit n'offre pas d'équivalent à Jérôme Rothen : ni Frau ni Diané ne s'y sont réellement imposés. On se demande encore pourquoi Paulo Cesar, très utile à Toulouse, a été vendu… Enfin, Hellebuyck, Baning, Dhorasoo et Pancrate, pour des raisons diverses, ont traversé la saison en fantômes.
Renaître enfin ou sombrer pour de bon...
Pour de nombreux observateurs, le PSG, au vu de son histoire et de son prestige, ne pourra pas faire pire que cette saison. Les Nantais s'étaient sûrement dit la même chose lorsqu'ils avaient échappé une première fois à la relégation en 2003… Bref, ce n'est pas parce qu'il a frôlé la Ligue 2 qu'il ne peut plus rien arriver au club parisien. Médiocres depuis dix ans, les Bleus et Rouges ne peuvent plus faire autrement que de retrouver le haut du tableau. Les actionnaires du club ont accordé un budget limité pour le recrutement (15 millions d'euros) auquel s'ajoutera les ventes probables de Kalou, Mendy, Hellebuyck et Rozehnal : ce dernier est en effet très demandé en Allemagne. Edouard Cissé, dont Le Guen a pourtant fait un de ses leaders, pourrait également partir en Turquie. Enfin, Yepès, un des gros salaires du club, intéresse l'OM. La défense devra donc être reconstruite et c'est le Stéphanois Zoumana Camara qui aurait les faveurs des recruteurs parisiens.
Paul le Guen cherche également un buteur capable de concurrencer Pauleta. Les noms de Henri Camara (Wigan), Jimmy Briand (Rennes) et du Suédois Lasse Nilsson (Heerenven, L1 hollandaise) circulent au camp des Loges. Elmander, qualifié pour la C1 avec Toulouse, est désormais inaccessible. Enfin, le Néerlandais Romeo Castelen ou le Lyonnais Sidney Govou pourraient être le milieu droit que Paris cherche depuis le départ de Fiorèse. Une grosse surprise est peut-être à prévoir mais l'hypothèse Makélélé reste pour l'instant hasardeuse : le salaire de l'international tricolore est élevé et Le Guen n'a pas forcément besoin d'un récupérateur depuis que Jérémie Clément s'est imposé dans l'entrejeu. Le plus difficile pour le club sera sans doute de conserver Armand, désiré par Lyon, et Rothen, à qui il ne reste qu'un an de contrat. En a-t-il seulement envie ? Ces deux joueurs représentent en effet les plus grosses valeurs marchandes de l'effectif rouge et bleu. Un argument de poids dans un club qui a perdu énormément d'argent cette saison suite à la baisse de ses droits télé et la désertion forcée d'une partie de son public.
Miser sur les hommes qui ont assuré le maintien en L1 ou reconstruire l'équipe ? Paul Le Guen doit trouver la bonne formule, sous peine de voir le PSG intégrer pour de bon le clan des ex-grands clubs.