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le 04/01/2004 à 23h42

Bilan mi-saison : Montpellier

Contre toute attente, Montpellier pourrait être qualifié en coupe de l’UEFA pour la saison prochaine, alors que le club se destinait principalement à éviter la relégation en L2. Une bonne deuxième partie de Championnat de France pourrait permettre une qualification en coupe Intertoto et pourquoi pas par la suite en coupe de l’UEFA.

Après les dix-neuf premières journées de l’épreuve, les Montpelliérains sont en avance par rapport à la saison passée pour la course au maintien, celui-ci étant l’objectif majeur. Avec vingt et un points et deux matchs en retard contre seize points et tous leurs matchs l’an dernier à la même époque, les joueurs de Gérard Bernardet ont de quoi être optimistes pour la suite de la compétition. D’autant plus que deux victoires dans les rencontres reportées pourraient les conduire à la 10ème place du classement, à quelques longueurs seulement des premières places qualificatives pour la Coupe Intertoto. En revanche, deux contre-performances à domicile pourraient mettre le club dans une position moins confortable, bien que les équipes concernées par la relégation aient déjà joué tous leurs matchs. En l’absence de ces deux résultats, le bilan de cette première partie de championnat est quelque peu faussé. Il apparaît néanmoins comme légèrement positif, même si les Héraultais ont alterné le bon et le moins bon.

Une équipe, deux visages

Au regard des résultats, mais aussi et surtout des prestations de l’équipe, il apparaît nettement que l’on peut voir Montpellier sous deux aspects bien différents. D’une part, il y a un collectif combatif, motivé, efficace, capable de battre le PSG à domicile, Auxerre et Bordeaux sur leur terrain. D’autre part, il y a des joueurs, pourtant les mêmes, sans audace, sans envie comme le précisait déjà Gérard Bernardet le 19 août : «Je n’ai pas vu la moindre ébauche de réaction. Mes joueurs sont restés sans envie…» , manquant d’expérience, ayant du mal à démarrer les matchs, à tenir un bon résultat à l’extérieur (à Strasbourg ils mènent par deux fois au score et s’inclinent 4-2, à Lens ils ont la rencontre en main avec deux buts d’avance pourtant ils perdent 3-2, à Toulouse ils mènent 2-1 mais concèdent le nul, à Metz ils peuvent ramener un point mais sont battus dans les arrêts de jeu 2-1…), et prenant quatre buts sans en marquer un seul au Mans, pourtant plus mauvaise attaque et plus mauvaise défense. En résumé, cette fâcheuse habitude à se faire rejoindre ou dépasser en fin de partie, provoque un manque à gagner de 9 points. Si le manque de métier s’explique facilement par la jeunesse de l’effectif, la raison du manque d’envie est plus difficile à trouver. Il aura fallu une intervention vigoureuse du Président Louis Nicollin : «Gégé Bernardet les a bougé et moi aussi. Je leur ai demandé de se battre pour le club. Je leur ai dit que s'ils continuaient à se comporter comme ça sur le terrain, La Paillade n'existerait bientôt plus…» , à la mi-temps de l’affrontement contre Paris pour corriger ce vilain défaut.

Fort heureusement, pour s’en sortir le club peut compter sur les valeurs qui lui ont déjà permis de rester parmi l’élite l’année dernière. A savoir la combativité, mais surtout la solidarité et l’abnégation. Ces mêmes qualités soulignées par l’entraîneur à l’approche de la rencontre contre l’ogre monégasque : «Les mêmes que l'an passé où nous nous sommes sauvés grâce à nos tripes et en montrant une solidarité sans faille.» . Ces arguments ont d’ailleurs été présents à chaque résultat positif et bien entendu absents lors des mauvaises performances. L’équipe n’ayant pas trouvé un fond de jeu lui permettant d’être moyenne physiquement et au niveau de la motivation. Pourtant le coach héraultais s’est appuyé sur les mêmes joueurs de base, bien qu’il ait utilisé vingt-cinq joueurs sur les vingt-neuf que compte son effectif. Riou, Carotti, Bamogo, Moulec ont joué les dix-sept matchs, Rouvière en a joué seize et Laigle et Doumeng n’ont été absents qu’à deux reprises seulement.

Les satisfactions

Malgré des débuts difficiles pour l’attaque montpelliéraine, en manque d’efficacité, on peut considérer ce secteur de jeu comme satisfaisant. En effet, Gérard Bernardet a eu besoin de plusieurs sorties pour trouver la bonne formule. Toutefois, cette petite recherche a abouti à la formule miracle. En alignant Habib Bamogo et Carlos Jorge Rui Pataca, le technicien montpelliérain a véritablement trouvé un duo de choc. Avec neuf réalisations et deux passes décisives pour le premier et sept réalisations et trois passes décisives pour le second, ces deux joueurs ont marqué 64% des buts du Montpellier-Hérault, plaçant ainsi l’attaque de leur équipe au 6ème rang. Ce début de saison exceptionnel, a même offert à Habib Bamogo (21 ans) sa première sélection en équipe de France espoirs, laissant à penser qu’il y en aura certainement beaucoup d’autres, tant il a été décisif à plusieurs reprises. Il est indéniablement le joueur qui a brillé sous le maillot pailladin et s’est révélé comme un futur grand attaquant.

Sur le plan défensif, c’est au niveau de l’entrejeu que la satisfaction se fait sentir, avec les excellentes prestations de Laigle, Carotti et Rouvière, qui ont apporté la solidité et le sérieux dont manquait trop souvent le groupe. Bruno Carotti a également participé activement à la mise en valeur du secteur offensif puisqu’il a inscrit trois buts. Enfin, Dzodic dont le talent a malheureusement fait défaut à la défense, aurait certainement été l’un des meilleurs joueurs de l’équipe, s’il avait pu jouer plus de matchs. De manière générale, la jeunesse du groupe (moyenne d’âge de 23 ans), est une énorme satisfaction, dans la mesure où si le club réussit à conserver la majorité de son effectif, il pourra travailler sur la durée tant la qualité de ce groupe, en très grande partie issu du centre de formation du cru, est réelle.

Les déceptions

Au niveau collectif, les lacunes les plus flagrantes sont défensives. Le manque de concentration et de sérieux a trop souvent provoqué des erreurs fatales à ce niveau, faisant perdre de précieux points. Carotti confirme cette tendance : «c'est la conséquence d'approximations individuelles dans la surface de réparation. C'est uniquement un problème de concentration auquel chacun doit faire face durant le match.» Et ce principalement à l’extérieur, puisque dix-neuf des vingt-huit buts encaissés l’ont été sur terrains adverses. De plus, c’est régulièrement dans les dernières minutes que Montpellier s’est vu rejoindre ou dépassé, démontrant son incapacité à tenir un résultat. Le manque d’expérience dû à la jeunesse en étant la cause. La 15ème défense du championnat se rattrape quand même par une certaine stabilité à domicile avec seulement neuf buts concédés. On a pu également constater que les débuts de partie étaient plutôt lents et difficiles, comme «Contre Rennes, nous avons eu du mal à entrer dans le match.» souligne Habib Bamogo, mettant parfois rapidement l’équipe dans une position inconfortable, l’obligeant à une réaction qui n’est pas toujours survenue. Comme par exemple lors du 16ème de finale de coupe de la Ligue perdu à La Mosson contre Clermont Foot (L2) sans grande motivation.

A titre individuel, Gérard Bernardet peut être déçu de ne pas avoir pu compter sur Valéry Mézague et Nozomi Hiroyama trop longtemps blessés. Ce dernier n’a pu jouer que 5 rencontres à cause d’une entorse au genou gauche contractée mi-septembre. Mézague lui ne compte que deux participations, un accident de voiture au mois d’août l’ayant rendu indisponible jusqu’à début novembre. Bertrand Robert et Fodé Mansaré sont quant à eux, en dessous de leur niveau de jeu et n’ont pas le même rendement que la saison passée, ce qui pourrait leur valoir de se retrouver sur la liste des transferts pour le mercato d’hiver. En outre, en cas d’indisponibilité de Bamogo et Rui Pataca, l’entraîneur ne dispose pas de solution de remplacement, ce qui pourrait le conduire à de fortes déconvenues, à moins que Lafourcade (20 ans) et Descamps (20 ans) ne se révèlent et que Geoffrey Doumeng ne retrouve la forme.

Les transferts et le programme du mois de Janvier

Il ne faut pas s’attendre à l’arrivée d’un grand joueur du côté de la Paillade. La tendance étant plutôt au départ. Effectivement, en raison de la fragilité financière du club, Louis Nicollin va chercher à dégraisser plus qu’à recruter. Il serait donc probable que Drodzic parte pour les Girondins de Bordeaux. Bertrand Robert pourrait rejoindre Tottenham et Mansaré se diriger vers l’île de beauté afin d’intégrer le SC Bastia. Cependant, rien n’est actuellement définitif et la seule certitude concerne Bamogo dont le contrat a été prolongé jusqu’en 2006.

Celui-ci a donc été logiquement aligné, le 3 janvier 2004, aux côtés de Rui Pataca pour le 32ème de finale de Coupe de France remporté à Mulhouse (CFA) par 2 à 0. Il a même inscrit le premier but confirmant ainsi sont statut de révélation au sein de l’effectif montpelliérain. Bertrand Robert a marqué le second but, certainement relancé par la perspective de son éventuel transfert. Le programme en championnat est ensuite chargé avec l’accueil tour à tour Bordeaux le 10 janvier dans un stade de la Mosson remis à neuf, Sochaux le 21 janvier (16ème journée), Bastia le 31 et un déplacement pour le moins périlleux à Lyon le 17 janvier. Sans oublier la réception de Marseille pour le compte de la 18ème journée, le 4 février.

Finalement, au regard de cette première partie de championnat, le Montpellier Hérault Sport arbore un bilan assez positif. Bien en avance par rapport à la saison passée, le bilan pourrait être encore meilleur avec deux victoires dans les journées de retard. Cela propulserait le club à la 10ème place. Classement moyen dans l’absolu mais satisfaisant pour les Héraultais si l’on tient compte de l’objectif fixé en début de saison, laissant un espoir européen et donc la possibilité de revoir ses ambitions à la hausse. Louis Nicollin peut être satisfait, car sans véritable star dans ses rangs et la plupart des joueurs issus du centre de formation, ses protégés ont fait mieux que s’en sortir lors de la phase aller de la compétition.

Par Sébastien Kamienny, le 04/01/2004 à 23h42


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