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le 07/01/2004 à 23h00

Bilan mi-saison : Rennes

Invaincus à domicile, Lyon et Monaco y ont été battus, les Rennais restent inoffensifs à l'extérieur, seulement trois points pris. D'où une douzième place au classement qui ne reflète que partiellement les possibilités à venir du club.

La venue de l'entraîneur Laszlo Bölöni est en accord avec la nouvelle politique du Stade Rennais : travailler avec un groupe réduit (il y a eu dix-sept départs à l'intersaison) et faire confiance aux jeunes du centre de formation qui ont gagné brillamment la Coupe Gambardella. La volonté de stabiliser un groupe et l'équipe a conduit le club à vouloir, avant tout, assurer, cette saison, le maintien dix journées avant la fin du championnat. Au vu du classement actuel et de la progression affichée par l'équipe l'objectif devrait être atteint. Le reste sera du bonus.

De mieux en mieux

Le début de saison fut, un temps seulement, bon sur le plan comptable. Une victoire échappée de peu à Montpellier (1-1), puis une autre réelle face à Toulouse (1-0), suivies d'un nul arraché à Sochaux (1-1). De quoi faire oublier le départ catastrophique de la saison passée pensait-on alors. Apparemment non, le mal rennais était profond. Le pathétique match nul concédé face à Guingamp (0-0) en fut la preuve. Inhibée et marquée par les résultats de la saison précédente, l'équipe n'a rien tenté durant tout le match. Bölöni, suivant les traces de Halilhodzic, s'obstina alors à ne pas prendre de buts avant de vouloir en marquer. Une bien mauvaise thérapie pour un groupe en mutation. Incapables de ramener un résultat d'un déplacement, Rennes se mit tout naturellement en danger après deux matchs nuls à domicile. Vint alors le match clé : un retour inespéré au score, (2-2) contre Lille, alors que l'équipe était réduite à neuf après, notamment, l'expulsion désormais célèbre de Piquionne. La métamorphose dans le jeu, due à cet embryon de révolte, fut telle que le visage de l'équipe fut alors méconnaissable.

Depuis, le Stade Rennais a enfin montré un football plus conquérant avec des phases de jeu inconnues à domicile depuis bien longtemps. Preuve en est, les trois très bons derniers matches à domicile avec la belle victoire sur Lyon (3-1), le nul plus que mérité face au PSG (1-1) et la deuxième mise à mal de Monaco (1-0). Un beau cadeau de Noël pour les Rennais qui reste toutefois gâché par une incapacité à ramener une victoire de l'extérieur, la frilosité dans le jeu reprenant alors le pas même si le gain du match aurait pu être proche à Bordeaux (1-2) ou à Bastia (2-3), les arbitres en ayant, notamment, décidé autrement.

Les satisfactions

Le jeu en constante progression à domicile est à féliciter. A l'extérieur et pour l'instant, seule la solidité défensive est à louer. C'est d'ailleurs dans ce domaine que vinrent en premier les satisfactions, à la dixième journée Rennes possédant la meilleure défense du championnat avec six buts encaissés. Le talent de Cech n'est plus à vanter, il continue sa progression vers les sommets du football européen. L'apport du Marocain Abdeslam Ouaddou, prêté par Fulham, a été indéniable dans la qualité défensive de l'équipe. Intraîtable dans les duels et dans le jeu aérien, le joueur, formé par Bölöni à Nancy, est LA révélation rennaise de cette mi-saison. Le club est d'ailleurs prêt à l'engager définitivement en ce mois de janvier. Avec lui, Arribagé tient sa place comme à l'habitude, tout comme Diatta, sans génie mais avec application. Sur le côté gauche, le turn over forcé par la blessure de Le Lan, qui fit un très bon début de saison, a vu Cyril Jeunechamp occuper la place avec bonheur. Son entente avec Monterrubio fut parfaite et le point fort des bons résultats contre Lyon, Paris et Monaco.

Au milieu, Etienne Didot, titulaire depuis la "révolte" , avec l'esprit et la technique plus offensive que Faty, a contribué à l'amélioration du jeu rennais. Cédric Barbosa, après des débuts hésitants et des petites blessures, semble revenir à son meilleur niveau et devrait apporter bien plus en cette deuxième partie de saison. En attaque, Monterrubio fut le plus régulier même si c'est Stéphane N'Guéma, jeune Gabonais de dix-huit ans, qui fut parfois le plus brillant avec ses dribbles, son culot et ses quatre buts. Enfin, l'international Suisse Alexander Freï, laissé à l'écart en début de saison parce que son jeu d'avant-centre type ne cadrait pas avec la méthode défensive de Bölöni, a su prendre sa chance lorsque son tour est venu. Il est surtout très efficace et utile, de par ses appels, son placement et son sens du but, à domicile : quatre buts en cinq titularisations.

Les déceptions

En plus du faible niveau de jeu au début de saison et des productions insuffisantes à l'extérieur des joueurs ont décu. Grégory Vignal, prêté par Liverpool, n'aura fait qu'un aller-retour et ne laissera aucune trace dans les esprits rennais. Si ce n'est celle d'un mauvais camarade. Le retour du Brésilien Sévérino Lucas n'a été, également, que passager. Les dés étaient pipés et il a fait les frais de sa chère image sans qu'il ait réellement pu démontrer sa valeur réelle. A Rennes, on regrettera surtout l'homme. Pour ceux qui sont toujours au club, Vairelles et Piquionne sont les deux "bides" des matches aller. Tony Vairelles voulait rejouer à Rennes avec un entraîneur qui l'a lancé à Nancy. Pour l'instant, l'échec est total. L'ancien Lensois ne semble plus avoir les jambes pour passer outre ses années de compétition. Surtout, il n'accepte plus de se remettre en cause et parle plus à la presse qu'il ne faudrait. Persuadé d'être toujours un grand joueur, il ne supporte pas d'être remplaçant. En conséquence, son départ du club est peut-être pour bientôt.

Le cas de Frédéric Piquionne est encore plus épineux. Divisant les supporters, Piquionne est capable du meilleur (buts superbes et chevauchées fantastiques) comme du pire (un jeu très confus et non collectif). A l'orée de cette saison, à l'écoute de ses dires : «Je veux marquer quinze buts et je songe à l'équipe de France» , on pouvait s'attendre au meilleur... On a eu le pire. Avec deux buts à son compteur en dix-neuf matches, une expulsion due à son altercation avec un supporter et des performances dans l'ensemble pitoyables dans l'esprit et la forme, son bilan est catastrophique. Son honorable match contre Monaco avant la trêve est-il synonyme d'un sursaut ? De cela, dépend sûrement la bonne fin de saison du Stade Rennais. A moins que le mercato ne change certaines donnes.

Le mercato et le programme à venir

Le Stade Rennais a déjà enregistré avec bonheur le recrutement de l'international suèdois Kim Källström. Agé de vingt-et-un ans, ce puissant milieu offensif, 1,85 m, possède toutes les qualités (technique, vista et frappe de balle) pour améliorer singulièrement le jeu et la dernière passe des «rouge et noir» . Un élément indispensable pour enfin obtenir des victoires à l'extérieur. Pour le reste, les arrivées éventuelles dépendront des départs. Si Delaye, en fin de contrat à la fin de saison, a obtenu son bon de sortie, Sorlin et Vairelles, très peu utilisés, pourraient également en faire de même. Ils seraient alors remplacés par un ou deux jeunes étrangers. La venue d'un attaquant serait sûrement la première envisagée. Petr Cech, convoité par Chelsea, Arribagé, par Toulouse, et Piquionne, par nombre de clubs européens de bas de tableaux, resteront au club.

Pour cette deuxième partie de saison, le Stade Rennais cherchera avant tout à poursuivre sa progression collective. L'apport de Källström et le retour en grâce de Piquionne pourraient l'autoriser à voir plus haut dans le classement même si une place en intertoto reste sûrement sa limite actuelle. Pour cela, il faudra enfin gagner à l'extérieur, le prochain déplacement à Toulouse étant l'occasion rêvée. Les Rennais recevront ensuite Sochaux (le 17), puis iront disputer le derby à Guingamp (le 31). Entre temps, ils essaieront d'égayer leur saison en tentant d'aller se qualifier à Croix-de-Savoie (CFA) pour le compte des seizièmes de finale la Coupe de France.

Le stade de la Route-de-Lorient, fort de ses 31000 places, sera inauguré avant la fin de saison. Une belle opportunité de faire un beau parcours lors de cette deuxième partie de championnat. Les prémices favorables de la fin 2003 autorisent les supporters à croire en leur équipe et à la politique du club. Il serait bien temps, qu'enfin, les promesses d'une grande équipe à Rennes commencent à voir le jour en cette année 2004.

Par Marc Lepannetier, le 07/01/2004 à 23h00


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