

Bordeaux encaisse à peu près autant de buts que l'an passé en championnat (6e avec 26 unités, 1 but par match contre 1,12 l'an dernier à la même époque mais 0,92 à l'arrivée) mais marque beaucoup plus (2e, 43 unités, 1,65 but par match contre 1,04 l'an passé après 25 journées et 1,02 après la 38e). S'ils font d'abord prévaloir leur solidité défensive à l'extérieur (11 buts encaissés en 13 sorties, dont 5 à Caen), profitant parfois des largesses adverses pour marquer six buts d'un coup, les Girondins jouent en avançant à domicile (26 buts en 13 matchs). Tout pour l'attaque ou presque, de quoi parfois se faire surprendre en contre. Passant d'un système de jeu à un autre et usant d'un turn-over poussé à l'extrême et parfois préjudiciable comme jeudi dernier face à Anderlecht, Laurent Blanc a hissé doucement mais surement les Marine et Blanc vers les sommets de l'Hexagone. En progression constante depuis la 10e journée, les coéquipiers de Marc Planus ont été 4e (10e – 13e journées), puis 3e (14e – 20e journée), puis 2e. Installés dans le fauteuil de dauphin depuis 6 matchs, ils menacent désormais la suprématie lyonnaise.
Les Girondins sont irrésistibles en Ligue 1 depuis trois mois, avec 7 victoires, 3 nuls et 1 défaite sur les onze derniers matchs, soit 24 points pris sur 33 possibles (2,2 points par match). Un train d'enfer. Bien plus rapide que Lyon (1,6 point par match sur la même période) et même l'OM (2 points par match sur la même période). Un parcours de champion ? «Le titre remporté en 1999 est mon meilleur souvenir à Bordeaux et l'un des plus grands de ma carrière, se souvient Johan Micoud. On rêve tous de revivre de tels moments. Il convient de rester serein, de se rappeler ce qu'on a fait pour en arriver là. Et de penser à tous les efforts qu'il reste à accomplir. Alors rendez-vous dans un mois pour voir où en sera l'écart avec Lyon» , a-t-il lancé. Souvent critiqué depuis son retour en Gironde, l'ancien meneur du Werder Brême n'est pas étranger aux bons résultats actuels du club. Le 4-1-3-2 adopté depuis la blessure de Fernando lui a permis de retrouver la lumière.
Un système sur mesure pour Micoud
En passant d'un schéma en 4-2-3-1 à un système en 4-1-3-2, Laurent Blanc a permis à l'ex-international français de se muer d'un milieu laborieux en un chef d'orchestre flamboyant. Même s'il ne fonctionne pas à tous les coups, comme contre Lille (0-0) dimanche dernier, ce dispositif permet aux Marine et Blanc de défendre à sept mais surtout d'attaquer à cinq, ce qui offre de multiples possibilités dans la construction du jeu. Le premier bénéficiaire de ce système n'est autre que Micoud. Il retrouve là la même configuration qu'au Werder Brême où il s'épanouissait tellement, et peut ainsi distribuer le jeu à sa guise. A ses côtés, Wendel et Alonso sont priés de se recentrer dans l'entrejeu pour laisser monter les latéraux et aider Diarra (qui compte pour deux à la récupération) posté devant la charnière. Moins sollicité défensivement, Micoud peut ainsi concentrer ses forces en attaque en distribuant les offrandes aux deux pointes bordelaises.
Ce système de jeu met Micoud en valeur mais ne fonctionnerait pas s'il ne pouvait compter sur de bons attaquants à qui distiller ses caviars. Ce n'est plus le cas à Bordeaux, trop longtemps orphelin de Pedro Pauleta, et où David Bellion et Fernando Cavenaghi ont désormais pris le relais. Après une bonne première moitié de saison du premier (10 buts en 14 matchs), le second est sur un nuage actuellement avec 8 buts inscrits lors des 7 dernières sorties en championnat. Sa complicité avec Micoud est évidente et leur absence pendant une heure a cruellement fait défaut aux Girondins jeudi dernier en Coupe de l'UEFA. Le duo promet encore de faire des ravages dans les défenses adverses d'ici la fin de la saison, bien aidé par les feux follets Wendel et Alonso. A commencer par le PSG, en visite sur les bords de Garonne dimanche pour le compte de la 27e journée de L1. Et pourquoi pas à Gerland le 9 mars prochain pour le sommet du championnat ?
En changeant d'entraîneur l'été dernier, les Girondins ont aussi changé de philosophie. Ricardo choisissait un système très défensif où la préservation du but de Ramé était la priorité. Blanc prône l'attaque, avec pour objectif de marquer au moins un but de plus que l'adversaire. Pour le plus grand bonheur de Micoud et des supporters bordelais.