
Une trajectoire impressionnante
Qui aurait misé un centime sur le PSG fin août ? Personne et les raisons étaient nombreuses : trois défaites en cinq matchs, pas de fonds de jeu. Pourtant, depuis, les Parisiens réalisent un parcours de champion, avec une seule défaite (contre Lens) en 19 matchs à la clé et un parcours à l'extérieur très intéressant. Le dernier fait d'arme de cette série est une victoire à Toulouse (1-0), la sixième à l'extérieur (le PSG est deuxième derrière Monaco au nombre de points pris à l'extérieur), où Paris a affiché certains de ses traits les plus caractéristiques de la saison : bien en place, ils ont ouvert le score avant le repos par Ljuboja, puis ont géré cette avance grâce à leur solidité défensive. Ce succès est le deuxième de rang acquis, après la superbe victoire contre Montpellier au Parc (6-1) et permet au club d'occuper seul la troisième place du classement à un point des Lyonnais, qui sont eux deuxièmes, mais surtout à cinq du leader. Malgré cela, les joueurs refusent de s'enflammer à l'image de Jérôme Alonzo qui déclare : «Tout le monde nous voit revenir sur Monaco, mais pas nous. Je ne pense pas qu'un seul joueur de cet effectif soit assez stupide pour s'enflammer. On n'a encore rien fait, rien gagné.» Pourtant, avec 42 points pris sur les 19 dernières journées, la satisfaction pourrait être de mise, mais le PSG de cette année est placé sous le signe de l'humilité. Cela s'avèrera peut-être payant à l'arrivée. De plus sa défense, la deuxième avec seulement 18 buts encaissés derrière Monaco (17) et devant Lyon (19), sa discipline tactique et son art du contre constituent des armes qui ont fait leur preuve puisque cela s'inscrit sur la durée. L'équipe constitue un bloc défensif remarquable, très difficile à bouger, notamment depuis le replacement de Déhu en défense fin août. Durant ce premier mois de compétition, le PSG avait encaissé huit buts en cinq journées soit 1,6 but par match, tandis que depuis il en a encaissé dix en 19 journées, soit 0,52 par match. Les progrès sont évidents.
Une bonne gestion de l'effectif
Alors que Vahid Halilhodzic s'est souvent plaint de l'étroitesse de son effectif, on peut se rendre compte que celle-ci est toute relative. Malgré le départ pour la CAN de trois joueurs, Benachour, El Karkouri et surtout M'Bami, titulaire quasi-inamovible au milieu, l'équipe n'a pas souffert. L'entraîneur en a profité pour faire confiance à Hugo Leal qui revient bien actuellement et à Romain Rocchi qui a démontré, notamment en Coupe de France à Marseille (victoire 2-1 ap), qu'il pouvait avoir un rôle à jouer dans cette équipe. Maintenant que le groupe est reconstitué, les solutions vont être nombreuses.
Surtout, le PSG a réussi l'affaire du mercato en dénichant Danijel Ljuboja, 25 ans, à Strasbourg. Ce dernier n'a pas tardé à justifier les espoirs placés en lui : deux buts et une passe décisive contre Montpellier et évidemment le but de la victoire à Toulouse. Son apport dans le jeu est énorme puisque de par sa faculté à conserver la balle en toute circonstance, il libère des espaces pour ses acolytes, notamment pour Pauleta. L'autre joueur en vogue actuellement est Juan Pablo Sorin. Revenu juste avant la trêve contre Lyon (1-1), après deux blessures qui lui avait gâché ses quatre premiers mois de compétition, il enchaîne depuis les bonnes performances comme milieu gauche et éclipse peu à peu Boskovic. Sa grosse activité, sa technique, sa grinta toute argentine amènent le danger à gauche. Sorin justifie son statut d'international et avec lui le PSG peut espérer aller loin. En effet, son apport dans son couloir est réel puisqu'il s'agit de son poste de formation à la différence de Boskovic qui y joue contre nature puisque ses qualités sont plutôt celles d'un joueur axial. Sorin opère ainsi un rééquilibrage puisque comme Fiorèse à droite, il peut déborder et centrer. Ceci s'est d'ailleurs vu en Coupe de France contre Bayonne (2-0) où il a adressé deux centres décisifs. Son entente avec son compatriote Heinze qui joue derrière lui est évidente et offre des possibilités sur un côté gauche déserté depuis le départ de Robert pour Newcastle à l'été 2001.
Des ambitions pondérées mais réelles
Personne ne veut s'enflammer au PSG comme on l'a vu. L'entraîneur se refuse à évoquer le titre, mais son discours n'est pas dénué d'ambitions. Il déclare ainsi : «Je regarde surtout derrière vous savez. Je pense toujours que Monaco et Lyon sont au dessus du lot, même si le PSG peut faire des choses intéressantes avec son état d'esprit du moment. On verra bien ce qui peut se passer mais ce sera quand même difficile de rattraper les Monégasques. Maintenant, tout est envisageable.» , confirmant que son club peut prétendre jouer un rôle intéressant lors de cette fin de saison. L'objectif d'être européen n'a jamais été démenti mais on peut déceler un changement de discours chez les Parisiens qui sont confortés par leur solidité : «On a retrouvé une solidarité et une abnégation qui nous permettent de gagner des matchs. C'est vrai que le PSG est aujourd'hui une équipe très compétitive et chaque jour, elle est encore plus forte» affirme Halhilodzic.
Le Paris Saint-Germain a également un calendrier jouable selon l'international Albanais Lorik Cana, révélation cette saison au milieu de terrain, qui déclare que «à ce niveau, on n'est pas les moins bien placés» . Si le club confirme contre les équipes supposées moins fortes, qui jadis ont souvent causé sa perte, comme il le fait actuellement, ses ambitions pourraient être revues à la hausse. A condition d'éviter l'excès de confiance ce que l'on pourra vérifier dès la prochaine journée contre Guingamp au Parc. Les trois points sont nécessaires contre ce type d'équipe en difficulté car dans le même temps, Monaco reçoit Montpellier avant de défier Toulouse et Guingamp. Les points perdus coûteront chers car Monaco peut rapidement reprendre ses distances avec son calendrier léger. Mais le club de la Capitale se déplacera à Auxerre lors de la 26ème journée pour un choc qui pourra apporter son lot d'indices sur le rôle qu'il pourra jouer à l'avenir. Ce sera un véritable match-test, les Parisiens seront privés de Heinze, suspendu. Si le PSG prend les trois points sans ce joueur majeur, ils frapperaient un grand coup et pourraient sans doute être un candidat sérieux pour le titre. Surtout, il recevra Sochaux, Lyon et Marseille au Parc des Princes ce qui peut constituer un avantage puisque jouer devant son public mobilisé pour l'occasion, peut aider le club à se surpasser. En cas de défaite à Auxerre, Paris n'aura pas les armes pour lutter la première place.
Le Paris-SG est de retour et le titre ne constitue pas un objectif irréaliste. Si Monaco paraît loin, l'écart de cinq points peut rapidement se combler, d'autant qu'avec un entraîneur aussi rigoureux que ne l'est Vahid Halhilodzic, le club ne devrait pas tomber dans la facilité. 2004 sera t-elle l'année du PSG ?