

Malgré la victoire, le Sénégal n'a pas tourné la page. Après les accusations d'empoisonnement avancées par Ismaïl Jakobs à propos de la finale, la polémique a pris une tout autre ampleur avec la sortie d'Abdoulaye Fall.
Le président de la Fédération sénégalaise de football a fait basculer le débat du terrain vers les instances, en mettant directement en cause le fonctionnement de la Confédération africaine de football.
Une charge frontale contre l'influence marocaine
Samedi, dans les locaux de la RTS, le président de la Fédération sénégalaise de football n'a pris aucune précaution oratoire. «Le Maroc contrôle la CAF. Les autres pays ont peur de prendre position contre eux» , a lancé le représentant de la FSF, affirmant que le Sénégal s'est retrouvé isolé face à un système qu'il estime verrouillé. Selon lui, la Fédération marocaine exerce une influence décisive au sein des instances africaines, freinant toute contestation venue de l'extérieur.
Le dirigeant sénégalais va plus loin, estimant que la finale disputée à Rabat n'a jamais été envisagée comme perdable par le pays hôte. «Le Maroc n'a jamais pensé pouvoir perdre cette CAN. Il n'y a jamais eu un pays qui s'est opposé autant au Maroc comme le Sénégal» , a affirmé le principal intéressé, assumant une posture de confrontation directe, quitte à rompre avec les équilibres diplomatiques habituellement observés au sein du football africain.
Organisation et arbitrage au coeur des griefs
Au-delà des rapports de force institutionnels, Fall est longuement revenu sur les conditions d'organisation de la finale. Hôtel jugé inadapté, sécurité insuffisante à l'arrivée de la délégation, tentatives pour imposer un site d'entraînement jugé trop exposé : le président de la FSF estime que tout a été fait pour créer un déséquilibre en faveur du pays hôte, dans un contexte qu'il estime verrouillé bien en amont de la rencontre.
L'arbitrage constitue l'autre point de crispation majeur. La désignation de l'arbitre de la finale, annoncée trop tardivement pour permettre une contestation formelle, reste au centre des soupçons. «La désignation de l'arbitre est arrivée trop tard pour qu'on puisse réagir. Nous avions tout compris» , a insisté l'homme de 56 ans, convaincu que cette gestion qu'il considère comme suspecte du calendrier n'était pas anodine dans un contexte aussi sensible.
Un discours assumé malgré les risques
Face à ces tensions, Fall revendique également la fermeté affichée par son sélectionneur, Pape Thiaw, et ses joueurs durant les moments les plus chauds de la finale. «Ils contrôlent la vice-présidence de la CAF, ils ont les moyens. Nous, on a anticipé, on a veillé, et on n'a pas cédé» , a martelé le patron de l'instance, présentant cette vigilance comme l'un des fondements du sacre des Lions de la Teranga.
Ces déclarations, parmi les plus virulentes entendues depuis la finale, relancent une polémique déjà explosive et dépassent largement le cadre sportif. En s'attaquant frontalement à la gouvernance du football africain, le président de la FSF expose désormais le Sénégal à des réactions potentielles des instances continentales, dans un climat où chaque mot est scruté et où les conséquences pourraient aller bien au-delà de cette CAN.
Que pensez-vous des accusations proférées par Abdoulaye Fall sur le Maroc ? N'hésitez pas à réagir et à débattre dans la zone «Ajouter un commentaire» …