

Que se serait-il passé si Monaco avait terminé la rencontre à onze au Parc des Princes mercredi soir (2-2) ? Impossible de refaire le match, mais les supporters monégasques peuvent nourrir de sérieux regrets. Car avant le tournant de l'expulsion, leur équipe tenait peut-être l'exploit face à un PSG loin d'être souverain lors de ce barrage retour de Ligue des Champions.
Tout avait pourtant parfaitement commencé. Solides, disciplinés et agressifs dans le bon sens du terme, les joueurs de Sébastien Pocognoli ont étouffé Paris pendant toute la première période. Bloc compact, pressing constant, marquage serré : les Parisiens ont été privés d'espaces et d'inspiration. Cette domination s'est concrétisée juste avant la pause grâce à Maghnes Akliouche (45e), récompensant un premier acte quasi parfait.
Un bon travail gâché en quelques minutes
Mais la rencontre a basculé en quelques minutes avant l'heure de jeu. A la 58e minute, Mamadou Coulibaly a été expulsé pour un second avertissement reçu seulement trois minutes après le premier. Réduits à dix, les Monégasques ont immédiatement reculé et concédé deux buts en moins de dix minutes (60e, 66e), voyant leurs espoirs de qualification s'envoler brutalement.
Une décision arbitrale qui a profondément frustré l'entraîneur monégasque, persuadé d'un excès de sévérité. «Pour moi, le carton rouge n'est pas mérité, a estimé le Belge. Je trouve qu'il est sévère, surtout que ses deux cartons se trouvent dans un laps de cinq minutes. Si l'arbitre le donne, il aurait aussi pu le donner à Hernandez. Coulibaly est un jeune joueur, Hernandez a gagné la Coupe du monde et c'est à lui qu'on dit de se calmer. Il y a deux poids, deux mesures. C'est arrivé trop souvent à Monaco. Il y a aussi un peu de colère.»
Un second carton jaune sévère mais juste ?
Le premier carton jaune reçu par Coulibaly, pour un tacle appuyé sur Nuno Mendes, ne prête guère à discussion. Sur le second, le jeune milieu arrive un peu vite sur Achraf Hakimi et heurte le latéral parisien. Le contact est là et la faute existe. Suffisamment pour valoir un deuxième avertissement ? «Si on recontextualise la faute et si on isole le fait, le deuxième carton jaune est sévère. Car Achraf Hakimi joue bien le jeu, malicieusement. Mais le Monégasque est allé le chercher tout seul, dès celui d'avant en allant réclamer une faute puis se faire justice lui-même» , estime l'ancien arbitre international Saïd Ennjimi dans les colonnes de L'Equipe.
«Dans les minutes qui ont suivi, il était en retard sur Hakimi, avec une faute loin d'être importante, mais, en se comportant de la sorte, il ne pouvait pas espérer autre chose qu'un deuxième avertissement, ajoute-il. C'est ce qui est problématique. Tout cela ne donne pas à l'arbitre une autre appréciation qu'un joueur énervé. L'enchaînement des choses fait que le second jaune devient logique, même s'il est sévère en lui-même. Cela devient presque une habitude à Monaco, sur une nouvelle faute au milieu du terrain.»
Toutes compétitions confondues, Monaco a déjà reçu neuf cartons rouges cette saison - un total record parmi les clubs des cinq grands championnats européens, à égalité avec le Rayo Vallecano. Pour Coulibaly, il s'agit de sa deuxième expulsion après celle concédée face à l'Olympique Lyonnais en Ligue 1 début janvier. Au final, l'ASM repart avec un match nul honorable mais des regrets immenses. Car à onze contre onze, l'histoire aurait peut-être été tout autre.
Pour vous, l'exclusion de Coulibaly est-elle contestable ? N'hésitez pas à réagir et à débattre dans la zone «Ajouter un commentaire» ...