

Le début d'une nouvelle ère à l'Olympique de Marseille ? Comme pressenti, Stéphane Richard a été officiellement nommé président du club phocéen ce vendredi (voir article ici).
Si l'ex-directeur général d'Orange va seulement prendre ses fonctions le 2 juillet prochain, l'homme de 64 ans a profité de sa présentation devant les médias pour envoyer plusieurs messages. Maxifoot vous propose de retrouver les déclarations importantes de cette prise de parole.
Des premiers mots pour McCourt
«C'est un honneur et aussi une grande émotion pour moi. Mes premiers mots iront pour remercier Frank McCourt et son équipe. On se connaissait un peu avec Frank, mais dans la période récente, on a pu passer un peu de temps ensemble. J'ai compris beaucoup mieux sa vision du club et ses attentes aussi. Au-delà de ça et la mission qui sera la mienne, j'ai un peu découvert l'homme et je voulais lui rendre hommage car c'est un homme avec de grandes valeurs que je partage. C'est une chance pour Marseille et l'OM d'avoir Frank McCourt.»
Un «dream job» pour Richard
«C'est une émotion pour moi, l'OM est le lieu où deux de mes passions convergent : Marseille et le foot. (...) Je connais intimement cette ville et je sais donc ce que représente l'OM. Toute la ville pense et respire pour l'OM. Ce n'est pas seulement l'amour du foot, c'est aussi pour l'institution, j'en suis pleinement conscient. Je suis un footeux, j'aime ce sport et j'ai suivi toutes les épopées du club. (...) Réunir mes deux amours, Marseille et le foot, c'est une sorte de "dream job" pour moi.»
Une mission avec des défis
«J'ai tout à fait conscience du challenge que cela représente. Le club fait face à de multiples défis, certains qui sont propres à l'OM et d'autres qui sont plus généraux. Tout le monde voit bien que le club est un petit peu à la croisée des chemins et des changements vont être opérés. Sur le plan sportif, il y a eu un début de saison formidable et c'est plus compliqué depuis le début de l'année 2026. La qualification en Ligue des Champions est capitale pour l'avenir du club.»
«Avec les supporters, qui ne pas seulement l'âme de ce club mais qui sont une partie prenante essentielle de la vie du club, il y a un dialogue, peut-être pas à renouer car je ne crois pas qu'il soit coupé, mais à réinventer, à reprendre. Ce club a besoin d'une forme d'apaisement dans ses relations avec son environnement. C'est une mission qui me plaît car j'ai eu l'occasion, dans ma vie, de le faire. Je vais m'y atteler très rapidement, notamment vis-à-vis des supporters de l'OM. Il y a de la frustration, peut-être même un certain désamour, mais j'aurais à coeur de les voir rapidement. C'est une très grande force de ce club.»
«Après, il y a des considérations économiques. Même si le club est extrêmement solide grâce à son actionnaire, il est aussi confronté à des défis qui s'inscrivent dans un environnement compliqué, celui du football français. Principalement à cause des droits TV. Un sujet que je connais assez bien car Orange a été l'un des diffuseurs du championnat par le passé. (...) Je suis assez bien au fait des organes de gouvernance du football français, la LFP et LFP Media, il y a un problème en France au niveau des droits, qui sont notoirement bas. Il y a une anomalie historique qui pèse énormément sur les modèles économiques des clubs. C'est un sujet capital et un club comme l'OM doit aussi jouer son rôle.»
«Il y a des défis sportifs, des défis financiers. Je veux inaugurer et incarner une période de sérieux, d'apaisement, de stabilité, et une période dans laquelle j'efforcerai de renouer les liens avec tous les publics. Je ne prendrai mes fonctions que début juillet. Entre maintenant et début juillet on va mettre en place en structure de transition qui me permettra de m'impliquer dans les décisions qui vont être à prendre. Cette nouvelle période commence dès maintenant.»
Les moyens et les ambitions
«Je ne vais pas dire que l'OM n'a pas été malin jusqu'à maintenant (dans le recrutement, ndlr), car ça ne serait pas gentil pour ceux qui ont porté ce club et je ne crois pas que ce soit le cas. L'ambition est claire, elle reste et est réaffirmée : inscrire l'OM dans le petit groupe de clubs européens qui ont vocation à jouer la Ligue des Champions tous les ans, donc figurer dans le Top 3 en Ligue 1. L'ambition est clairement réaffirmée. Après, ne préjugeons pas de ce qu'il va se passer.»
«La période de l'été est cruciale, mais je pense qu'il est beaucoup trop tôt pour parler de ça. Mais ce n'est pas seulement une question sur les moyens, on voit, je ne vais pas faire des commentaires sportifs, des clubs qui ont mis des moyens colossaux mais ont des résultats décevants, notamment à Liverpool avec plus de 480 millions d'euros dépensés l'été dernier. Le foot, ce n'est pas qu'une question d'argent.»
Un rôle simplement institutionnel ? C'est non !
«Moi, je n'ai pas un tempérament institutionnel. Dans tout ce que j'ai fait dans ma vie jusqu'à maintenant, quand j'ai pris une responsabilité, j'ai eu à coeur de l'assumer complétement. Je n'ai jamais été dans un poste de représentation ou honorifique, je ne vois pas du tout cette mission comme une mission honorifique. Pas du tout. C'est une mission très exigeante qui demande un engagement complet et qui ne permet pas de faire l'impasse sur des parties essentielles dans un club de foot, comme le domaine sportif.»
«Il faut bien s'entendre, je ne suis pas un technicien du foot et je ne prétends pas l'être, et donc je m'appuierai bien évidemment sur des professionnels aguerris dans ce domaine. Mais je compte m'y impliquer. Pas forcément pour faire valoir mes propres idées. Je compte bien sûr m'investir dans tous les domaines de la gestion du club, et évidemment le domaine sportif.»
«Le président d'un club ce n'est pas celui qui est sur le terrain, ni qui anime le pôle sportif, ni l'entraîneur, mais il doit s'assurer les conditions soient réunies pour que l'équipe fasse des résultats. Une période capitale va s'ouvrir cet été. Ma priorité c'est vraiment de représenter pour ce club une période de stabilité, une vision de moyen et long terme qui va essayer de réconcilier un peu tout le monde. Il y a des contraintes économiques, je les connais. Il n'y a pas de modèle soutenable dans le temps sans sérieux. Je vais essayer d'être un homme-orchestre.»
Une vision sur la durée
«C'est un job, et c'est une différence par rapport à mes expériences dans le passé, où il n'y a aucune durée, je n'ai pas un mandat d'un an, deux ans ou trois ans. C'est la gloire du sport. Je me projette sur le moyen terme, peut-être que c'était une allusion à mon âge ? (rires). Je ne me projette pas à 20 ans, peut-être pas, mais je me projette à quelques années.»
«Il y a le temps sportif, quand je regarde l'histoire des clubs qui ont eu de belles périodes, ça a souvent pris plusieurs années. À commencer par le Paris Saint-Germain qui a bien ramé avant d'arriver à un tel niveau. Il faut s'inscrire dans un temps long. Je ne viens pas pour six mois, pour un an ou pour régler un problème immédiat. Mon idée, c'est de m'inscrire dans la durée et de développer des projets pour ce club sur le moyen terme.»
Que pensez-vous des propos du nouveau président de l'Olympique de Marseille Stéphane Richard ? N'hésitez pas à réagir et à débattre dans la zone «Ajouter un commentaire» ...