

Arda Turan n'a pas choisi la voie du confort pour lancer sa carrière européenne. Sous contrat jusqu'en 2027 après ses débuts à Eyüpspor, l'ancien milieu offensif a pris les rênes d'un Shakhtar en exil, marqué par la guerre et engagé dans un chantier titanesque : stabiliser un club déraciné tout en intégrant une vague brésilienne sans précédent.
Un choix fort, à l'image de son tempérament, celui d'un meneur d'hommes capable de transformer un contexte précaire en moteur collectif, et de redonner une cohérence tactique à un effectif où le portugais est presque devenu la langue officielle.
La grinta turque au service de la samba
L'apport de Turan réside dans l'équilibre. Faire cohabiter 12 Brésiliens – dont sept titulaires contre l'AZ ! – dans un vestiaire marqué par le contexte ukrainien demande une poigne de fer. L'ancien milieu de l'Atletico a apporté cette agressivité qui manquait parfois aux «artistes» du Donbass. Sous ses ordres, des joueurs comme Newerton, Vinicius Tobias ou encore Pedrinho ne se contentent plus de briller techniquement mais s'intègrent dans un bloc équipe beaucoup plus vertical et intense.
Cette mutation porte déjà ses fruits sur le marché. En validant les transferts de Kevin à Fulham pour 45 M€ et de Georgiy Sudakov à Benfica pour 32 M€, le club a prouvé que sa vitrine fonctionnait toujours. Turan a immédiatement réinvesti cette manne sur la «nouvelle vague» : Luca Meirelles (12 M€), Lucas Ferreira (10 M€), Isaque (10 M€) et bientôt Bruninho (12 M€). Pour l'entraîneur turc, ces recrues ne sont pas des paris, mais les moteurs d'un système où la créativité auriverde est au service d'un résultat immédiat.
Un modèle plus vivant que jamais
Ce que Turan réussit, c'est la synthèse entre l'époque glorieuse de Mircea Lucescu et les contraintes d'un club déraciné. On retrouve cette ossature locale solide (Riznyk, Bondar, Ocheretko) qui sert de garde-fou à une armada offensive ultra-talentueuse comprenant Kauã Elias, Alisson Santana ou Eguinaldo. Le Shakhtar n'a jamais été aussi «made in Brazil» , et Turan semble être le coach parfait pour gérer ces égos tout en maintenant une production offensive de 53 buts en une demi-saison.
Dix-sept ans après le sacre d'Istanbul lors de la dernière édition de la Coupe de l'UEFA, le modèle n'a pas seulement survécu à la crise, il s'est renforcé. Avec Turan sur le banc, le Shakhtar prouve que l'on peut vendre ses stars à prix d'or tout en restant le leader virtuel de la Premier Liga. À 13 M€ de bénéfice net sur le dernier mercato et une qualification pour le dernier carré de la Ligue Conférence en vue, le pari du technicien turc est en train de devenir une référence en matière de reconstruction express.
Arda Turan peut-il emmener le Shakhtar au bout en Ligue Conférence ? N'hésitez pas à réagir et débattre dans la zone «Ajouter un commentaire» ...