

La fin de saison en Liga ne tourne plus vraiment autour de la lutte pour le titre, mais bien autour de la symbolique de son dénouement. Pour le Real Madrid, la dynamique actuelle (8 points de retard, 11 potentiels) rend le sacre du FC Barcelone inéluctable. La seule inconnue reste le moment et la manière. Le Clasico au Camp Nou se présente désormais comme un piège pour la Maison Blanche.
Le pasillo, une humiliation protocolaire
Le premier scénario est celui de la soumission institutionnelle. Si le Barça gagne ses deux prochains matchs (Getafe et Osasuna) et que le Real trébuche contre l'Espanyol, l'écart sera tel que les Blaugrana seront officiellement champions avant même le coup d'envoi de ce choc. Le code d'honneur du football espagnol est alors impitoyable : le Real devra se ranger en deux files indiennes pour applaudir l'entrée des joueurs de Hansi Flick.
Ce serait la quatrième fois seulement dans l'histoire (deux fois le Barça, une fois le Real) que l'un des deux géants doit rendre cet hommage à l'autre, la première depuis 2008. Pour les supporters merengue, voir Kylian Mbappé et consorts applaudir un Barça triomphant est une image insoutenable. C'est la reconnaissance officielle, filmée sous tous les angles, que le rival a écrasé la saison. Mais le pire, c'est que ce scénario est peut-être le «moins grave» des deux.
L'alirón, un précédent historique
Le second scénario, celui qui «pue» réellement pour Madrid, c'est celui du sacre en direct. Si le Real fait le job contre l'Espanyol mais que le Barça continue son sans-faute, le titre ne sera pas encore mathématiquement attribué au coup d'envoi du Clasico. En cas de victoire ou de nul ce soir-là, le Barça deviendrait champion sous les yeux de son ennemi juré. Jamais en 92 éditions de la Liga, le titre n'a été validé mathématiquement lors d'un face-à-face direct entre les deux clubs.
Pour la Maison Blanche, perdre le titre sur le terrain de son ennemi juré et assister aux célébrations immédiates de l'adversaire représenterait un échec sportif sans précédent au terme d'une saison ratée de bout en bout. Plus que la haie d'honneur, c'est ce sacre immédiat qui inquiète la capitale. Le Real n'a désormais plus le choix : il doit réaliser un sans-faute pour retarder l'échéance et éviter de devenir l'acteur principal de la fête barcelonaise.
Le pasillo ou l'alirón pour le Real Madrid ? N'hésitez pas à réagir et à débattre dans la zone «Ajouter un commentaire» …