

Pendant plusieurs mois, l'AC Milan avançait avec une régularité de candidat au Scudetto, capable de battre Naples (2-1), la Roma (1-0), l'Inter (0-1), la Lazio (1-0) ou encore Bologne (0-3). L'équipe de Massimiliano Allegri ne séduisait pas toujours, mais elle ne rompait jamais.
Depuis le derby retour remporté contre l'Inter (1-0), tout s'est pourtant fissuré. Défait par la Lazio (1-0), Naples (1-0), l'Udinese (0-3), Sassuolo (2-0) puis l'Atalanta (2-3), le club lombard affiche une cadence de relégable. Et quand le jeu minimaliste ne tient plus par les résultats, tout le projet se retrouve exposé.
Un effondrement au pire moment
La chute est d'abord comptable. Avec seulement 7 points pris sur les 8 dernières journées, Milan fait pire que presque toute la Serie A sur la période, seuls Vérone, Pise et Lecce affichant un rendement inférieur. L'avance construite durant l'automne a fondu à grande vitesse : les Rossoneri restent 4es avec 67 points, mais la Roma est revenue à hauteur, tandis que Côme n'est plus qu'à deux longueurs. Pour une équipe longtemps deuxième et quasiment certaine de retrouver la Ligue des Champions, le scénario vire à la crise.
Cette dégringolade confirme aussi une tendance plus profonde. Avec 25 points sur la phase retour jusqu'à la 36e journée, le Milan d'Allegri fait moins bien que celui de Sérgio Conceição la saison passée (30), que celui de Stefano Pioli en 2023-2024 (35), et très loin du rythme du champion 2021-2022 (38). Même Luka Modric, encore capable de surnager par séquences, ne peut pas masquer l'usure générale d'un collectif qui semble avoir perdu son ressort. Le Croate reste un repère, mais à 40 ans, il ne peut pas porter une équipe entière sur la durée.
Allegri et Tare sous pression
Le problème, c'est que le Milan d'Allegri repose sur un équilibre fragile depuis le départ. Tant que les résultats suivaient, le jeu prudent passait pour du contrôle. Mais dès que la défense a commencé à céder et que l'attaque s'est asséchée, les limites sont devenues beaucoup plus visibles. Après la défaite contre l'Atalanta, Allegri a reconnu que son équipe avait «bien joué pendant dix minutes» avant de «s'effondrer» à la première difficulté. Une phrase qui résume assez bien l'état mental d'un groupe rattrapé par la peur.
En interne, le malaise dépasse désormais le terrain. Les supporters ont ciblé les joueurs, Rafael Leão a été sifflé, et Igli Tare a lui-même reconnu qu'il «manquait la tension nécessaire» , avant d'exiger de «passer des paroles aux actes» . Depuis le départ de Paolo Maldini, Milan donne surtout l'impression d'enchaîner les choix contradictoires, entre entraîneurs aux idées opposées, recrutement déséquilibré et ligne sportive floue. Il reste deux matchs, contre le Genoa puis Cagliari, pour sauver la C1. Sans cela, cette saison longtemps maîtrisée pourrait symboliser un club qui a perdu sa direction.
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