

Quand ils feront le bilan de la saison, les dirigeants du RC Lens pourront se vanter de plein de choses, notamment d'avoir réussi un mercato sans erreur. Les recrutements intelligents de joueurs rapidement au diapason ont porté le collectif sang et or vers un exercice d'exception, achevé en beauté par un sacre en finale de la Coupe de France, vendredi contre Nice (3-1).
Au-delà du flair de la cellule de recrutement pour dénicher des Mamadou Sangaré, Samson Baidoo ou Andrija Bulatovic, de sa force de persuasion pour ramener Florian Thauvin et Allan Saint-Maximin, et de sa clairvoyance pour avoir fait franchir un cap à Robin Risser ou Matthieu Udol, Lens a remis son centre de formation au centre du projet.
La révélation Ganiou
À 21 ans, Ismaëlo Ganiou est devenu en quelques mois le symbole du renouveau de la formation lensoise. Le défenseur central a profité de la malheureuse blessure de Jonathan Gradit en novembre pour intégrer l'équipe type de Pierre Sage, alors que tout aurait pu rapidement mal tourner pour lui, qui a été expulsé pour son premier match en L1 sur la pelouse d'Auxerre (2-1). Cependant, le natif de Lille a eu le mérite d'inverser la tendance sur le champ et d'offrir la victoire aux Lensois face à Strasbourg (1-0), pour sa deuxième apparition dans l'élite.
Capable d'évoluer dans l'axe ou légèrement plus excentré, Ganiou a séduit par sa maturité, sa qualité de relance et son agressivité dans les duels. Rarement pris à défaut malgré son peu d'expérience, il a enchaîné les prestations très solides dans les rendez-vous importants. Son calme balle au pied et sa capacité à casser les lignes par la passe ont séduit autant que son impact physique. Dans une équipe essentiellement construite autour de l'intensité et du pressing, son profil s'est parfaitement intégré aux exigences du staff artésien.
Fofana, Mesloub, Bermont… Le réservoir lensois est rempli
Ganiou n'a pas été le seul visage Made in Gaillette mis en lumière cette saison. Kyllian Antonio, lancé l'an dernier par Will Still, a continué sa progression en grappillant du temps de jeu dans la rotation défensive en fin d'exercice, tandis que l'attaquant Rayan Fofana, auteur de deux brèves apparitions la saison dernière, a bénéficié d'un rôle plus exposé. Il a fini l'exercice avec 6 buts au compteur, en 950 minutes de jeu toutes compétitions confondues. Le ratio est intéressant, mais pas autant que celui du milieu offensif Mezian Mesloub, qui a marqué après cinq secondes de jeu sur le premier ballon de sa carrière en Ligue 1 à seulement 16 ans.
On a aussi découvert l'ailier Anthony Bermont, revenu avec ambition après son prêt à Annecy (comme Ganiou), et qu'on aurait même aimé voir un peu plus. On a aussi aperçu le milieu Fodé Sylla. Arthur Masuaku, prêté par Sunderland depuis la mi-saison, est beaucoup plus expérimenté (32 ans), mais il appartient aussi à cette filiation lensoise, puisqu'il a été formé à la Gaillette avant de poursuivre sa carrière à l'étranger. Sans révolutionner sa philosophie, Lens a ainsi retrouvé une identité qui avait parfois été reléguée au second plan ces dernières années : celle d'un club capable de gagner tout en faisant émerger ses propres talents.
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