

Le Sénégal n'arrive plus dans une Coupe du monde avec le simple objectif d'exister. Éliminés dès le premier tour en 2018 à cause de la règle du fair-play, puis présents en huitièmes de finale en 2022 malgré l'absence de Sadio Mané, les Lions de la Teranga ont avancé étape par étape.
Il leur reste désormais à franchir une marche plus haute. Ne plus être seulement une équipe pénible à affronter ou un outsider respecté, mais une nation capable de casser ce plafond de verre qui bloque encore les grandes sélections africaines au Mondial.
Une progression constante
Le parcours récent du Sénégal donne du poids à cette ambition. En 2018, les Lions avaient quitté le Mondial sur un détail cruel, devancés par le Japon au fair-play après une phase de groupes pourtant cohérente. Quatre ans plus tard, ils ont franchi un cap en atteignant les huitièmes de finale, avant de tomber contre une Angleterre supérieure. Sans Mané, leur leader offensif, cette présence parmi les seize dernières équipes avait déjà confirmé la solidité du projet.
La dynamique continentale va dans le même sens. Finaliste de la CAN 2019, vainqueur en 2022, sorti aux tirs au but en 2024, le Sénégal a installé une vraie régularité au plus haut niveau africain. La dernière CAN, remportée sur le terrain contre le Maroc avant le retrait du titre sur tapis vert, a encore ajouté une part de frustration à cette trajectoire. Les Lions ont le sentiment d'avoir prouvé leur valeur, mais aussi de devoir la rappeler. C'est tout l'enjeu de cette Coupe du monde. Assumer leur rang africain, sans rester enfermés dans ce cadre.
Un cap mondial à viser
Les déclarations de Kalidou Koulibaly s'inscrivent directement dans cette idée. Le capitaine sénégalais n'a pas seulement livré une formule ambitieuse, il a fixé une direction. «On sait qu'on est capable de faire de grandes choses» , a expliqué le défenseur central d'Al Hilal sur RMC, tout en rappelant la nécessité de garder «les pieds sur terre» dans une compétition qu'il sait très difficile. Le Sénégal rêve plus grand, mais sans tomber dans l'excès de confiance.
L'objectif affiché résume cette nouvelle exigence. «Nos attentes sont très élevées. On espère passer les quarts au minimum, c'est un premier objectif» , a lancé Koulibaly. La phrase est forte, presque risquée, mais elle ne sort pas de nulle part. Après le premier tour en 2018, les huitièmes en 2022 et les confirmations africaines, viser plus haut relève d'une suite logique. La France offrira d'entrée une affiche symbolique, mais le vrai défi se situe au-delà de ce premier choc. Pour le Sénégal, il ne s'agit plus seulement de rappeler 2002. Il s'agit désormais de faire mieux.
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