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le 08/06/2026 à 14h00

Iran : le scandale que la FIFA regarde passer

Iran : le scandale que la FIFA regarde passer
Gianni Infantino, grand fan de Donald Trump.
Contraint de s'installer au Mexique alors que ses trois matchs de groupe auront lieu aux États-Unis, l'Iran abordera la Coupe du monde 2026 dans des conditions très particulières. Entre visas délivrés tardivement, restrictions de séjour et allers-retours imposés les jours de match, la Team Melli subit une différence de traitement difficilement compatible avec l'équité sportive que devrait garantir une compétition mondiale.

L'Iran s'est qualifié sur le terrain. C'est le point de départ, et il devrait suffire. Dans une Coupe du monde, une sélection qui gagne sa place doit pouvoir préparer ses matchs dans des conditions normales, quel que soit le contexte extérieur.


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Or, depuis plusieurs mois, la participation de la Team Melli ressemble à une négociation permanente : menace de retrait, incertitudes sur les visas, hypothèse d'une délocalisation au Mexique, puis maintien des rencontres aux États-Unis avec une organisation profondément dégradée. À l'arrivée, l'Iran jouera bien. Mais pas comme les autres.

Une préparation sous contrainte

Installée à Tijuana, la sélection asiatique devra traverser la frontière le jour de ses matchs disputés sur le sol américain, avant de repartir ensuite vers le Mexique. Pour les deux premières rencontres, contre la Nouvelle-Zélande puis la Belgique au SoFi Stadium de Los Angeles, la distance reste déjà lourde à absorber, avec plus de 200 kilomètres entre le camp de base et le stade. Dans une compétition où les routines, la récupération, les soins, le sommeil et la concentration font partie intégrante de la performance, ce type de contrainte ne peut pas être réduit à un détail administratif.

La situation devient encore plus difficile à justifier pour le troisième match contre l'Égypte, programmé à Seattle, à plus de 1 800 kilomètres de Tijuana. Pendant que ses adversaires pourront s'appuyer sur une organisation classique, l'Iran devra composer avec des déplacements rallongés, des passages frontaliers répétés et une préparation sans stabilité réelle. Une organisation très handicapante alors que la Team Melli devrait simplement bénéficier du minimum attendu pour toute équipe qualifiée : pouvoir vivre son tournoi dans des conditions cohérentes.

La FIFA face à ses contradictions

Le plus troublant reste l'attitude de la FIFA. Gianni Infantino a répété que l'Iran devait participer, que ses joueurs représentaient leur peuple et que le sport devait rester en dehors de la politique. Mais dans les faits, l'instance valide une organisation où une sélection se retrouve autorisée à jouer aux États-Unis sans vraiment pouvoir y vivre sa compétition. À force de compromis, la FIFA a fini par accepter une anomalie, à savoir une équipe présente dans le tournoi, mais placée dans une situation que ses adversaires n'auront pas à subir.


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La question dépasse largement l'Iran. Si la Russie en 2018 ou le Qatar en 2022 avaient imposé à une sélection qualifiée de séjourner dans un pays voisin, de franchir une frontière le jour des matchs et de repartir aussitôt après, la réaction internationale aurait été immédiate. Pourquoi le principe serait-il différent parce que la contrainte vient des États-Unis ? Accueillir une Coupe du monde ne consiste pas seulement à ouvrir des stades et organiser des affiches. C'est aussi garantir à chaque équipe des conditions de compétition acceptables.

Une équité déjà abîmée

Dans cette affaire, le problème n'est pas seulement diplomatique, mais aussi et surtout sportif. L'Iran va devoir affronter la Nouvelle-Zélande, la Belgique et l'Égypte, mais aussi une gestion que personne d'autre dans son groupe ne connaîtra avec la même intensité. Si le niveau de l'Iran, ses chances dans ce groupe et son éventuel parcours peuvent être débattus, l'impact de ces contraintes sur la préparation d'une sélection engagée dans le tournoi le plus exigeant du football mondial ne peut pas être balayé d'un revers de main.

C'est précisément là que la position de la FIFA interroge. L'instance mondiale peut difficilement défendre l'universalité du football tout en validant une telle différence de traitement. En maintenant les matchs aux États-Unis sans garantir à l'Iran des conditions de séjour comparables à celles de ses adversaires, elle cautionne une anomalie sportive majeure. La Team Melli jouera peut-être cette Coupe du monde. Mais elle ne la préparera pas comme les autres.

Que pensez-vous de la situation de l'Iran ? Comment expliquer le mutisme de la FIFA ? N'hésitez pas à réagir et débattre dans la zone «Ajouter un commentaire» ...

Par Youcef Touaitia, le 08/06/2026 à 14h00

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