

Depuis lundi, New York respire enfin. Après la chaleur écrasante qui a accompagné les premiers jours de la Coupe du monde, les 24 degrés affichés ce mardi devant le MetLife Stadium, à quelques heures de l'entrée en lice de l'équipe de France face au Sénégal, ont des airs de répit.
Pour le reste, le Mondial continue de faire grimper la température, surtout côté budget. Entre billets aux tarifs records, hébergements et déplacements, assister aux matchs est devenu un luxe que chacun négocie à sa manière chez les supporters des Bleus.
Le Mondial le plus fou
Kenzo, alternant à Toulouse, a fait face à un dilemme. «J'ai eu le choix entre prendre une voiture pour aller au travail tous les jours, ou aller aux Etats-Unis pour la Coupe du monde. Je me suis dit toute l'année que ce sera pour la Coupe du monde, même si ça coûte cher», raconte le jeune homme, qui restera outre-Atlantique jusqu'à fin juin. Son oncle sourit : «Je pense qu'il a fait le bon choix. Il l'aura, sa voiture.» Lui connaît bien les grandes compétitions. «Ma toute première Coupe du monde, c'était en 1994. J'étais déjà venu aux Etats-Unis. Depuis 1998, j'ai fait la campagne en Allemagne en 2006 et au Brésil en 2014», énumère-t-il. Mais de toute évidence, cette édition, c'est celle de la démesure.
«J'ai payé le voyage à mes deux neveux, donc c'est clairement le déplacement le plus cher. En même temps, pour les jeunes et les moins jeunes comme moi, on économise l'année d'avant, pour se faire plaisir à la Coupe du monde. Pour le prix d'un Brésil-Maroc, j'ai eu un pass pour cinq matchs à Rio. Pour 900 dollars, tu avais quatre matchs de poules et un huitième. Là, pour presque pareil, tu ne vas voir qu'un seul match», se désole-t-il. Kenzo, lui, n'a pas eu le privilège d'aller voir les Lions de l'Atlas dimanche. «Je n'avais pas envie de payer 1 200 balles pour y aller. Je l'ai regardé en ville, c'était la folie», tempère-t-il. L'étudiant d'origine algéro-marocaine se rabattra sur un Maroc-Haïti à Atlanta, payé trois fois moins cher.
Pain bénit pour les expatriés
À l'inverse, certains ont profité d'un alignement des planètes. Vanessa et Thierry, eux, n'ont pas eu besoin d'un budget à cinq chiffres pour vivre ce Mondial de près. Et pour cause : résidant à New York, ils n'ont qu'à ouvrir la fenêtre, ou presque. «On a eu beaucoup de chance, parce qu'on a gagné à la loterie, quand les places étaient accessibles. Je pense qu'on a eu des places moins chères que si on les avait achetées plus tard. (...) On ne pouvait pas rater ça alors qu'on est à New York. C'était obligatoire qu'on soit là alors que le Mondial arrive», détaille Vanessa.
Les deux Frenchies comptent bien profiter de leur première Coupe du monde : ils se rendront ensuite à Boston pour assister à Norvège-France, le dernier match de groupe des Bleus, le 26 juin. Même parcours ou presque pour Alex, autre supporter français. Après France-Sénégal, il se rendra également dans le Massachusetts pour le troisième match des Bleus, avant d'effectuer un détour par Mexico pour un 8e de finale. Le Mondial justifie tout.
Comprenez-vous les supporters prêts à des folies pour vivre une Coupe du monde ? N'hésitez pas à réagir et débattre dans la zone «Ajouter un commentaire» ...