

Mauricio Pochettino ne cherche pas à refroidir l'enthousiasme. Portés par un premier succès convaincant contre le Paraguay, avec du rythme, de l'impact athlétique et plusieurs buts de belle facture, les Etats-Unis ont réussi une entrée en matière qui autorise au moins une chose : regarder plus haut.
Dans un entretien accordé à The Athletic, le technicien argentin a clairement assumé cette posture. «Nous devons rêver sans limites. Si je rêve de toucher la lune, peut-être que je m'en approcherai. Si je rêve seulement de m'en approcher, je resterai sur Terre», a lancé l'ancien entraîneur du Paris Saint-Germain, fidèle à une méthode fondée sur la croyance, l'énergie et le dépassement mental.
Une croyance assumée
Ce discours peut sembler très ambitieux pour une sélection qui reste en retrait des grands favoris du tournoi. La France a rappelé sa force de frappe en montant en puissance contre le Sénégal, l'Argentine a confirmé son statut face à l'Algérie, et l'Angleterre a impressionné contre la Croatie. Mais Pochettino ne place pas les États-Unis sur ce plan-là par simple provocation. Son idée est ailleurs : élargir le plafond mental d'un groupe longtemps décrit comme prometteur, mais souvent freiné par la pression, les statuts et les attentes autour de sa génération dorée.
«Pourquoi pas nous ? Il est important d'y croire», avait déjà affirmé Pochettino au moment de dévoiler sa liste. Depuis, le terrain lui a offert un premier argument. Le succès contre le Paraguay n'a pas seulement reposé sur l'euphorie du pays hôte. Les Américains ont montré de la puissance, de la verticalité et une vraie capacité à répéter les efforts, avec un deuxième but de Folarin Balogun dans l'appel et la finition, puis une inspiration de Gio Reyna de l'extérieur du pied en fin de match. «Le match contre le Paraguay a montré que le talent existe», a insisté Pochettino, convaincu que son équipe peut devenir «une force très puissante» si chacun évolue à son meilleur niveau.
Un projet de compétition
Derrière les grandes phrases, le sélectionneur de Team USA défend surtout une méthode. Depuis son arrivée, Pochettino a voulu bousculer les équilibres, relancer la concurrence et sortir certains joueurs d'une forme de confort. «Nous avons trouvé un groupe de joueurs vivant dans leur zone de confort», a insisté l'ancien défenseur. Pour lui, une sélection ne peut pas progresser si certains éléments se pensent assurés d'être appelés ou titulaires, indépendamment de leurs performances. En ouvrant davantage le groupe, l'Argentin a cherché à créer une menace positive autour des cadres.
Ce travail donne aujourd'hui du poids à son discours. Les États-Unis ne sont pas favoris pour remporter la Coupe du monde, et Pochettino le sait très bien. Mais dans un Mondial à domicile, plus long, exigeant physiquement et émotionnellement, leur intensité peut devenir un vrai problème pour beaucoup d'adversaires. «Aujourd'hui, nous avons parlé de trois mots : croire, travailler, rivaliser», a résumé le sélectionneur. «C'est un cercle. Avec le talent que nous savons présent, nous pouvons nous rapprocher de la gloire.» Le titre reste un rêve lointain. Mais après un départ aussi fort, Pochettino a au moins réussi une première chose : faire croire aux États-Unis qu'ils ont le droit d'y penser.
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