

Endrick n'a pas eu besoin de jouer pour devenir un sujet majeur au Brésil. Lors de l'entrée en lice poussive de la Seleção face au Maroc (1-1), le jeune attaquant prêté à l'Olympique Lyonnais par le Real Madrid est resté assis sur le banc, spectateur d'une équipe en manque de mobilité et d'inspiration offensive. Depuis, la pression monte autour de Carlo Ancelotti, alors que de nombreux supporters réclament l'apparition du prodige de 19 ans dans une attaque encore à la recherche de son équilibre.
Le Brésil cherche son 9
Face au Maroc, Ancelotti avait choisi Igor Thiago en pointe. Un choix logique sur le papier, avec un avant-centre puissant, agressif et capable de peser physiquement sur une défense. Mais dans les faits, le buteur de Brentford a traversé la rencontre sans réellement convaincre. Trop isolé, peu mobile et rarement trouvé dans de bonnes conditions, le numéro 9 n'a pas apporté la profondeur ni la justesse attendues. Dans une Seleção déjà décousue, son profil de fixation a surtout renforcé l'impression d'une attaque lourde, dépendante d'un éclair de Vinicius Junior pour éviter la défaite.
Contre Haïti, Ancelotti devrait corriger le tir, mais pas forcément en lançant Endrick d'entrée. Selon les tendances venues du Brésil, Matheus Cunha tient la corde pour occuper l'axe, avec Vinicius Junior et Raphinha autour de lui. Un choix qui raconte la logique du sélectionneur : retrouver de la mobilité, de l'association et du lien entre les lignes, plutôt qu'un simple point d'appui. «Matheus Cunha combine beaucoup plus, il a davantage les qualités d'un deuxième attaquant que d'un avant-centre» , a expliqué l'ex-coach du Real Madrid, en opposant ce profil à celui d'Igor Thiago.
Ancelotti temporise
Endrick, lui, reste un cas à part. Ni pur pivot, ni faux numéro 9 naturel, le jeune Brésilien représente surtout l'instinct, la percussion et le but. C'est précisément ce que le public réclame après une première sortie frustrante. Mais Ancelotti refuse de transformer son Mondial en référendum permanent. «Il faut faire entrer Endrick au bon moment» , a glissé l'Italien en conférence de presse, avant d'appeler à la patience. «Il est patient, il ne se précipite pas, il est très mûr pour son âge. Le Brésil va tirer parti de ses qualités lors de cette Coupe du monde et de la prochaine.»
Le message est clair : Endrick compte, mais pas forcément selon le calendrier de l'opinion publique. Ancelotti veut préserver l'équilibre d'une équipe encore fragile, tout en gardant son jeune attaquant comme une arme capable de changer un match. «Endrick n'était pas titulaire, mais il y a 15 autres joueurs qui n'ont pas commencé non plus» , a rappelé le sélectionneur. Le problème, c'est qu'au Brésil, quand la Seleção doute, l'attente autour d'un talent comme Endrick devient vite immense. Ancelotti veut choisir le bon moment. Tout un pays, lui, semble déjà penser qu'il est arrivé.
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