

La pression continue de monter autour de Gianni Infantino. Après l'abandon de son projet de société commerciale, la fronde de plusieurs confédérations et les critiques venues de l'intérieur de la FIFA, le dirigeant suisse est directement pris pour cible par Luis Figo. L'ancien Ballon d'Or ne demande plus des explications ou une réforme de la gouvernance. Il veut son départ.
Figo accuse Infantino de s'être servi
«Je pourrais écrire 10 000 mots sur les problèmes de la FIFA. Mais la solution n'en nécessite que trois : Infantino doit partir.» Figo décrit le comportement du président comme le plus «vil» , «trompeur» et «lâchement intéressé» qu'il ait observé durant sa carrière. Il l'accuse d'avoir voulu imposer des changements majeurs «pour s'enrichir et enrichir ses amis» . «Si c'était une si bonne idée, pourquoi ne pas en avoir parlé aux membres lorsqu'ils étaient tous réunis avant la finale de la Coupe du monde ?» , interroge le Portugais, qui lui reproche également d'avoir caché les risques liés à la vente définitive d'une partie des revenus futurs de la compétition.
L'ancien joueur va encore plus loin en affirmant qu'Infantino devait récupérer un poste rémunéré 30 millions de dollars par an au sein de la nouvelle structure. Une information contestée par la FIFA, mais présentée comme établie par Figo. «Ce n'est pas honnête lorsque vous oubliez de préciser qu'après avoir livré la Coupe du monde sur un plateau à vos amis de Washington, ils vont vous donner un emploi payé cinq fois votre salaire actuel» , attaque l'ex-joueur du Real Madrid. Avec 5 milliards de dollars en réserve, le Lusitanien ne voit aucune justification à l'arrivée d'investisseurs privés. Il accuse finalement Infantino d'avoir «menti» , «trompé» et tenté de «garnir son propre nid» au détriment du football.
Une charge politique très symbolique
La sortie de Figo n'est pas totalement désintéressée. Conseiller de l'UEFA depuis 2017, l'ancien capitaine de la Seleção das Quinas appartient à l'organisation qui mène aujourd'hui l'offensive contre Infantino. Sa tribune donne surtout un visage populaire à ce combat institutionnel. «Infantino a abaissé la fonction de président de la FIFA qu'il avait promis d'élever» , écrit le principal intéressé, avant d'estimer que le Suisse a perdu le soutien de ses principaux collaborateurs, de ses conseillers et de ceux qui consacrent leur vie au football. Sa conclusion ne laisse aucune place au compromis : «Il est trop tard pour sauver sa dignité, mais pas pour sauver le football. Il doit partir. Maintenant.»
Parler d'un simple retournement de veste serait néanmoins excessif. Figo avait soutenu Infantino lors de son élection en 2016, mais ce choix vieux de dix ans ne l'oblige pas à défendre éternellement une présidence dont la trajectoire a profondément changé. Il avait déjà dénoncé l'opacité de la FIFA sous Sepp Blatter et travaille depuis longtemps dans le camp opposé. Son timing reste confortable puisqu'il intervient après le recul d'Infantino et le déclenchement de la fronde. Mais la portée de son texte demeure considérable. Un ancien candidat à la FIFA et Ballon d'Or accuse désormais publiquement son président de s'être servi de l'institution pour lui-même et ses proches. Une nouvelle charge lourde dans un dossier qui fragilise chaque jour davantage Infantino.
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