

Il y a des années où le débat finit par s'éteindre de lui-même. Karim Benzema avait rendu la concurrence presque invisible en 2022, Ousmane Dembélé avait progressivement installé la même évidence en 2025. Cette fois, rien de comparable.
Même la Coupe du monde, qui devait servir de juge de paix, n'a fait émerger aucun candidat incontestable. À quelques semaines du verdict, rarement la course aura semblé aussi difficile à lire.
Tous ont quelque chose qui manque
Tenant du titre, Dembélé reste forcément très haut. Le Parisien a remporté une deuxième Ligue des Champions consécutive en conservant un rôle majeur, marqué en finale contre Arsenal et inscrit six buts durant le Mondial avec une France demi-finaliste. Mais l'exercice a été moins flamboyant que celui de son sacre en 2025. Kylian Mbappé présente presque le dossier inverse. Individuellement, difficile de faire plus fort : meilleur buteur de Liga, de Ligue des Champions et de la Coupe du monde, avec 10 réalisations sur le tournoi planétaire. Seulement, le Français termine la saison sans trophée collectif avec le Real Madrid ou les Bleus. Des chiffres extraordinaires auxquels manque la grande récompense.
Harry Kane se retrouve dans une situation assez similaire. Le buteur du Bayern a encore empilé les réalisations et remporté la Bundesliga, mais sans aller au bout en Ligue des Champions ni avec l'Angleterre, avec notamment une demi-finale mondiale très décevante contre l'Argentine. Michael Olise peut également regarder son année avec quelques regrets malgré une saison magnifique au Bayern et 7 passes décisives au Mondial, record sur une seule édition. Jude Bellingham a réalisé une Coupe du monde exceptionnelle après un exercice beaucoup plus discret au Real, tandis que Lionel Messi, finaliste avec l'Argentine, et Erling Haaland disposent eux aussi d'arguments sans présenter le dossier capable de fermer la discussion. Beaucoup de très grandes saisons, donc, mais aucun parcours parfait.
Dembélé, Olise et Mbappé pourraient tous finir dans le TOP 10

L'Espagne a gagné sans désigner son Ballon d'Or
Le sacre de la Roja aurait pourtant dû simplifier l'équation. Avant le Mondial, le scénario semblait presque écrit : si l'Espagne allait au bout, Lamine Yamal possédait tout pour prendre une avance décisive. Champion d'Espagne et immense protagoniste de la saison barcelonaise, l'ailier a effectivement ajouté une Coupe du monde à son palmarès. Mais le tournoi n'est jamais vraiment devenu son tournoi. Revenu de blessure, Yamal a accepté de se fondre dans une équipe remarquablement collective, sans produire cette séquence ou cette prestation qui aurait figé son image comme celle du héros du sacre. Et pendant ce temps-là, Rodri a pris la lumière en étant désigné meilleur joueur de la compétition. Problème pour le milieu espagnol : sa saison en club, perturbée physiquement, n'a rien eu de comparable avec son Mondial.
Et même derrière ce duo, les voix pourraient encore s'éparpiller. Fabian Ruiz possède pratiquement tout ce qu'un joueur peut rêver de mettre sur une feuille de route avec la Ligue 1, la Ligue des Champions et la Coupe du monde. Le Parisien a retrouvé une place de titulaire dans les derniers grands rendez-vous de la Roja et répondu présent, mais ses deux pépins physiques au PSG, notamment celui du printemps, ont cassé la continuité de sa saison. Son profil moins spectaculaire peut également peser dans une récompense aussi individuelle. Entre Yamal, Rodri et Fabian Ruiz, l'Espagne présente donc trois champions du monde capables de revendiquer une place très élevée, mais aucun ne rassemble à lui seul tous les arguments. Même le pays champion du monde participe au brouillard général.
Moins évident pour Yamal, Rodri vise un deuxième sacre

Et si le chaos profitait à Kvaratskhelia ?
Khvicha Kvaratskhelia devait pourtant être l'un des grands perdants de l'été. La Géorgie absente du Mondial, impossible pour l'ailier du PSG de répondre aux exploits de ses concurrents sur la plus grande scène. Toutefois, personne n'a vraiment profité de son absence pour le sortir de la course. Car sur la seule saison en club, son dossier est peut-être le plus impressionnant de tous. Désigné meilleur joueur de la Ligue des Champions après 10 buts et 6 passes décisives, le Géorgien a été l'un des grands artisans du nouveau sacre parisien. Même en finale, lorsque le match contre Arsenal commençait sérieusement à sentir le bourbier, c'est lui qui a insisté sur son côté gauche et finalement provoqué le penalty transformé par Dembélé. Une action qui résume parfaitement son influence dans les grands rendez-vous.
Ne pas avoir disputé la Coupe du monde reste évidemment son immense faiblesse et suffit à empêcher d'en faire un favori évident. Seulement, le tournoi n'a produit ni un Yamal irrésistible, ni un Mbappé champion, ni un Kane décisif jusqu'au bout, tandis que Rodri arrive avec une saison de club incomplète. Kvaratskhelia est donc toujours là, presque tapi derrière une concurrence qui se neutralise. Son superbe but contre Aston Villa en Supercoupe d'Europe ne fait pas partie de la période évaluée, mais l'image peut compter au moment où les votants commencent à se replonger dans les candidatures. Après un mois passé loin des projecteurs, le meilleur joueur de la dernière Ligue des Champions s'est immédiatement rappelé au souvenir de tous. Kvara n'est pas l'évidence du Ballon d'Or 2026. Mais dans une année où personne ne l'est, cela suffit déjà à rendre sa candidature dangereuse.
Kvaratskhelia n'a pas joué le Mondial, mais...

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