

Trois défaites de suite et, vendredi soir à Rennes (0-1), une petite phrase qui en dit long. Bruno Genesio n'avait visiblement aucune envie d'endosser seul les difficultés de l'OM. «Il y a des raisons à tout cela, vous le savez aussi bien que moi» , a lancé l'entraîneur marseillais, rappelant que les limites actuelles de son équipe ne relevaient pas uniquement du terrain.
Genesio a ensuite appelé à davantage de clarté sur la situation du club. «Il faut peut-être expliquer les choses plus clairement. Et ce n'est pas à moi de le faire, a-t-il poursuivi, avant de laisser entendre que son équipe n'était pas forcément taillée pour viser l'Europe. Il faut peut-être le dire pour que les gens le comprennent. Les supporters, qui sont des connaisseurs, s'en doutent.»
Le silence de McCourt
Officiellement, pourtant, l'Europe reste un objectif. Stéphane Richard l'affirmait encore début septembre : «On a l'objectif de jouer une compétition européenne la saison prochaine.» Alors Genesio visait-il son président ? Non, ont assuré plusieurs sources à L'Equipe. En interne, on dit l'entraîneur en phase avec son dirigeant, comme avec le directeur sportif Grégory Lorenzi. Son reproche se dirige ailleurs, plus haut. Dans le viseur du technicien se trouve surtout le propriétaire Frank McCourt, qui a imposé une cure d'austérité sans s'exprimer publiquement.
Comme Lorenzi, Genesio ne s'attendait pas à devoir construire sa saison sans la moindre recrue, révèle le quotidien sportif. Les deux hommes ont dû renoncer à plusieurs renforts susceptibles d'apporter davantage de solutions à un groupe qu'ils n'ont pas choisi. Un effectif auquel l'entraîneur continue néanmoins d'accorder sa confiance. A Rennes, malgré la défaite, il a d'ailleurs insisté sur la qualité de la première période.
A Marseille, l'heure n'est donc pas à l'affrontement entre l'entraîneur et son président, qui a défendu sa position devant le propriétaire lorsqu'il a voulu absolument conserver Igo Paixao cet été alors que l'Américain poussait pour une vente. Le malaise est ailleurs : dans un projet dont les moyens ont brutalement diminué, alors que les ambitions affichées restent élevées. Et Genesio, désormais, semble bien décidé à ne plus en être le seul porte-parole.
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