

Cette fois, Carlo Ancelotti aura du temps. Arrivé en mai 2025 en pleine campagne qualificative, le sélectionneur brésilien avait dû préparer le Mondial en un peu plus d'un an. La CBF lui a depuis offert un cycle complet jusqu'en 2030, avec la Copa América 2028 comme grande étape intermédiaire. Une stabilité bienvenue, mais qui ne réglera pas à elle seule les problèmes apparus ces dernières années.
Former sans brûler les étapes
La CBF a déjà décidé d'agir sur la formation. Les Brésiliens de moins de 23 ans ne représentent plus que 11,5% des minutes disputées en Série A, contre 28,3% en 2020. Pour leur redonner de l'espace, le nombre d'étrangers autorisés sur une feuille de match passera progressivement de neuf à cinq d'ici 2030, tandis que davantage de places seront réservées aux jeunes dans les effectifs, afin d'éviter qu'une partie de ces talents reste bloquée trop longtemps.
Mais encore faut-il que les meilleurs achèvent leur apprentissage. Endrick joue très peu au Real Madrid, Estêvão peine à enchaîner à Chelsea et Vitor Reis cherche encore sa place à Manchester City. Rien ne permet de les condamner aussi jeunes, mais le précédent Vitor Roque rappelle qu'un transfert prestigieux ne garantit rien. Neymar avait rejoint Barcelone à 21 ans avec plus de 200 matchs à Santos et une Libertadores dans les jambes. Beaucoup partent aujourd'hui bien plus tôt.
Les jeunes ne régleront pas tout
Ancelotti veut donc donner leur chance à Endrick, Estêvão, Vitor Reis, Rayan et aux autres sans leur confier trop vite les clés de la maison. «Nous devons trouver une nouvelle génération» , assume l'Italien. Mais aucune évidence comparable à Neymar n'émerge pour l'instant et personne ne sait encore lesquels seront devenus des joueurs majeurs en 2030. Les deux prochaines années doivent servir à tester avant un premier vrai bilan lors de la Copa América 2028.
Les responsabilités resteront également entre les mains des cadres. Vinicius Junior aura 30 ans en 2030, Bruno Guimarães 32 et Raphinha 33. Leur avenir dépendra de leur niveau, mais le Brésil ne peut pas attendre qu'une nouvelle génération règle tous ses problèmes. Ces joueurs évoluent déjà dans les meilleurs clubs européens et doivent davantage peser lorsque la Seleção vacille. Ancelotti possède désormais du temps et de la stabilité. À lui de réussir le mélange d'ici 2030.
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