

Deux mois après son sacre mondial, l'Espagne refuse de redescendre. Victorieuse de l'Angleterre (2-3) puis de la Croatie (4-1), la sélection de Luis de la Fuente détient désormais le record d'invincibilité masculin avec 40 matchs consécutifs. Lamine Yamal, triple buteur sur ce rassemblement, a retrouvé son explosivité. De quoi inquiéter la concurrence : la Roja vient d'être championne du monde sans même montrer son meilleur visage.
Championne du monde sans être au maximum
Ce paradoxe est particulièrement frappant chez le prodige barcelonais. Diminués avant le Mondial, Yamal et Nico Williams ont connu une entame poussive. La montée en puissance du Blaugrana n'est devenue évidente qu'en 16e de finale contre l'Autriche (3-0). Sans retrouver sa domination individuelle de l'Euro 2024, il s'est fondu dans le collectif sans forcer pour être le héros à tout prix, ce qui n'a pas empêché l'Espagne de triompher. L'incertitude autour de ses chances au Ballon d'Or illustre bien qu'il n'a pas écrasé le tournoi à lui seul.
La pépite catalane n'était d'ailleurs pas la seule dans ce cas de figure : Rodri sortait d'une saison mitigée, Fabian Ruiz a dû reconquérir sa place au détriment de Pedri, et Nico Williams était freiné physiquement. Mais De la Fuente a su s'adapter : Fabian Ruiz relaye Pedri, Alex Baena supplée Nico Williams, et l'équipe apprend à gagner sans dépendre de ses solistes. Bilan ? Une Coupe du monde bouclée avec un seul but encaissé, un record absolu, et une finale outrageusement dominée contre l'Argentine (1-0 ap, 20 tirs à 2).
2028, avant un Mondial à la maison...
L'avenir a de quoi inquiéter les adversaires. Le tacticien espagnol possède un groupe aux statuts particulièrement flexibles. David Raya brille avec Arsenal, mais Unai Simon reste titulaire avec sept clean sheets au Mondial. Pedri ou Nico Williams peuvent sortir du onze sans que l'équipe n'en pâtisse. Autour des cadres (Rodri, Ruiz) gravite une armada de jeunes (Yamal, Cubarsi, Gavi, Alex Baena, Huijsen...) qui n'auront que 21 à 27 ans au prochain Euro. Le sélectionneur, qui a couvé cette génération chez les jeunes, dispose d'une profondeur de banc rarissime.
La comparaison avec la génération dorée de 2008-2012 (Euro-Mondial-Euro) est inévitable. Si celle des Xavi, Iniesta ou Ramos était sans doute plus impressionnante individuellement, l'équipe actuelle effraie par son potentiel inexploré puisqu'elle rafle déjà tout alors que ses leaders n'ont pas atteint leur apogée. L'Euro 2028 pourrait lui permettre d'égaler ses aînés, avant l'objectif suprême : le Mondial 2030, co-organisé à domicile. Arriver à cet événement après trois sacres consécutifs ferait basculer cette équipe dans l'inédit absolu. À deux tiers du chemin, le plus troublant reste cette impression que la Roja n'a pas encore touché son plafond.
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