

Quinze minutes. C'est le temps de jeu cumulé par Bernardo Silva avec le Real Madrid et le Portugal depuis le 12 septembre. Huit minutes en club, sept en sélection. Pour un joueur qui disputait encore presque toutes les rencontres de Manchester City la saison dernière, le changement est brutal. Et difficile à expliquer.
Mourinho ne compte déjà plus sur lui ?
Le début de saison laissait pourtant entrevoir une autre histoire. Titulaire lors de trois des six premières rencontres du Real, Bernardo Silva semblait avoir trouvé sa place dans l'entrejeu madrilène. Mais le retour d'Aurélien Tchouaméni et la montée en puissance d'Eduardo Camavinga ont changé la donne. Résultat, seulement 282 minutes disputées en huit journées de Liga, pour une passe décisive. Le Lusitanien n'a même pas quitté le banc contre Elche et Villarreal. Et sa première apparition en Ligue des Champions se fait toujours attendre après sa suspension face à l'Inter.
Une situation d'autant plus étrange que Mourinho avait personnellement insisté pour le recruter. L'entraîneur portugais voyait en son compatriote un joueur capable d'occuper plusieurs postes et d'apporter de la maîtrise au milieu. «Bernardo est un joueur formidable» , assurait le Special One en août, tout en regrettant son état physique après les vacances. Deux mois plus tard, l'ex-Citizen semble surtout être devenu une solution de dépannage. Même ses huit minutes contre l'Atletico, ponctuées d'une passe décisive pour Antonio Rüdiger, n'ont rien changé à sa situation.
Le début de la fin ?
La question de son déclin mérite forcément d'être posée. À Manchester City, le champion de France 2017 avec Monaco sortait d'une saison à 38 matchs de Premier League, dont 34 titularisations, mais seulement 2 buts et 4 passes décisives. Après neuf années sous les ordres de Pep Guardiola, le Portugais avait déjà perdu une partie de son influence offensive. Son immense volume de jeu et son intelligence tactique restaient précieux, mais pouvait-on vraiment attendre du même joueur, à 32 ans, qu'il transforme l'entrejeu du Real ?
Le plus inquiétant reste son déclassement avec le Portugal. Jorge Jesus ne lui a accordé que sept minutes lors des quatre derniers matchs de Ligue des Nations, après un Mondial déjà compliqué. Difficile toutefois d'enterrer un joueur qui conserve une telle qualité technique et dont les premières apparitions madrilènes n'avaient rien de catastrophique. Mais une question se pose déjà. Le Real a-t-il recruté Bernardo Silva pour ce qu'il pouvait encore apporter ou pour ce qu'il représentait à Manchester City ?
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