

En août, Gianni Infantino paraissait pourtant bien mal embarqué. Selon une enquête de la BBC publiée le 11 août, 124 fédérations étaient opposées à son maintien, contre 73 favorables et 13 indécises. Des estimations fondées en partie sur les positions des confédérations, pas sur les intentions de vote de chaque pays. Mais les rapports de force ont évolué.
Samedi, The Independent avançait désormais 116 soutiens pour le président sortant, contre 91 opposants. Les deux enquêtes ne reposent pas exactement sur la même méthode, mais elles montrent à quel point la situation a changé en moins de trois mois.
Ses rivaux quittent la partie
À l'origine de cette crise, le projet FIFA Forward Enterprise. Infantino voulait ouvrir une partie des activités commerciales de la FIFA, notamment autour de la Coupe du monde, à des investisseurs privés. L'initiative avait provoqué la colère de l'UEFA, de la Confédération asiatique (AFC) et de la Concacaf, unies pour contester sa gouvernance. La France avait également retiré son soutien. Le dirigeant de 56 ans avait finalement dû abandonner son projet et présenter des excuses. Mais le 23 octobre, coup de théâtre à Tokyo. Cheikh Salman ben Ebrahim Al-Khalifa, président de l'AFC et ancien rival d'Infantino lors de l'élection de 2016, lui a publiquement apporté son soutien.
Ce revirement tombe au meilleur moment pour le patron de la FIFA. Victor Montagliani, président de la Concacaf et un temps présenté comme le candidat capable de réunir ses opposants, a renoncé à se présenter. Même décision du côté d'Aleksander Ceferin, le président de l'UEFA. Pour l'instant, seul l'ancien défenseur suisse Ramon Vega a annoncé vouloir défier Infantino, mais sa candidature n'a pas encore été officiellement validée. Les prétendants ont jusqu'au 18 novembre pour se déclarer, avant l'élection prévue le 18 mars 2027 à Rabat. Sans candidat de poids en face de lui, le président sortant peut voir venir.
Des milliards pour convaincre
Infantino peut aussi compter sur le fonctionnement de la FIFA. Ses 211 fédérations membres disposent chacune d'une voix, qu'elles représentent une grande nation du football ou un petit pays. Avec ses 55 membres, l'UEFA ne peut donc pas faire basculer seule une élection. Et l'Italo-Suisse dispose d'un autre argument. Le 15 octobre, la FIFA a présenté un programme de développement de 6,35 milliards de dollars pour la période 2027-2030. Chaque fédération pourrait recevoir jusqu'à 25 millions de dollars. Le dispositif doit encore être approuvé, mais pour les pays qui disposent de moyens limités, de telles sommes comptent forcément. Cela ne signifie pas qu'Infantino achète des voix, même si l'argent reste un élément important dans les rapports de force.
Tout le monde n'a pas pour autant enterré la contestation. L'UEFA attend toujours des réponses à 42 questions sur la gouvernance d'Infantino. Le prince Ali de Jordanie accuse de son côté l'AFC d'avoir utilisé son congrès à des fins électorales, ce que la confédération asiatique conteste. Elle envisage même des poursuites. Au Japon, l'ancien sélectionneur Takeshi Okada a quitté mercredi son poste de vice-président de la fédération, en désaccord avec la gestion des polémiques autour du Mondial. Le ralliement de Cheikh Salman ne signifie donc pas que toute l'Asie suivra. Mais après avoir été sérieusement menacé cet été, Infantino se retrouve aujourd'hui en position de force. Ses opposants ont encore quelques semaines pour trouver un candidat capable de lui disputer la présidence.
Selon vous, Gianni Infantino peut-il encore être battu lors de l'élection présidentielle de la FIFA en mars 2027 ? N'hésitez pas à réagir et débattre dans la zone «Ajouter un commentaire» ...