

Nous sommes début novembre, et Le Havre n'a toujours pas remporté le moindre match cette saison. Pire encore : ce lundi, le club doyen n'a ni entraîneur, ni président, ni directeur sportif.
Deux jours après la mise à pied du coach Didier Digard et la démission du patron Jean-Michel Roussier, Demba Ba, en charge du secteur sportif depuis l'été dernier, a aussi décidé de faire ses valises.
Ba s'en va après moins de cinq mois
Le journal L'Equipe révèle ainsi que l'état de la direction du HAC se délabre complètement. L'ancien international sénégalais, recruté par l'actionnaire Blue Crow l'été dernier, alors qu'il avait posé les bases d'un projet ambitieux à Dunkerque, a lui-même décidé de s'en aller. Attiré par le club normand afin de remplacer Mathieu Bodmer, parti à Caen au terme d'un mandat très satisfaisant, l'ex-attaquant de Chelsea n'a tenu que quatre mois et demi.
Le départ de Ba est d'autant plus contrariant pour Le Havre, que son travail à Dunkerque avait suscité un véritable intérêt. Arrivé dans le Nord en 2023, le dirigeant avait participé à la construction d'un projet particulièrement cohérent, malgré des moyens limités. L'USLD avait même disputé les barrages d'accession en Ligue 1 en 2025. Pour assurer la continuité du secteur sportif, le HAC devrait s'appuyer sur Quentin Rauzier, initialement recruté comme adjoint pour épauler Ba.
Désorganisation totale
Le principal problème du Havre dépasse désormais la seule question de l'organigramme. Depuis l'arrivée de Blue Crow, la lisibilité du projet porté par l'actionnaire interroge. Au lieu d'apaiser la situation après un début de saison comptablement catastrophique - mais pas foncièrement inintéressant dans le jeu -, l'investisseur américain a jeté de l'huile sur le feu en écartant un entraîneur qui avait la force de combattre, et en contraignant les membres de la direction à s'en aller.
En deux jours, les trois principaux postes de responsabilité ont été touchés. L'avenir du club apparaît donc de plus en plus flou : sportivement, les deux points en neuf rencontres placent le club dans une situation préoccupante, et institutionnellement, le vide laissé par les départs de Digard, Roussier et Ba n'incite pas à l'optimisme. Alors que la trêve internationale pourrait permettre de faire retomber la tension, Le Havre devra d'abord négocier la réception de Lorient, dimanche, qui s'annonce déjà importante en vue du maintien.
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