
Un jeu retrouvé
Pendant toute la première partie de saison, Nantes semblait se chercher au niveau du jeu. Malgré l'arrivée au poste d'entraîneur de Loïc Amisse, un ancien de la maison, le jeu à la Nantaise n'était devenu qu'un leurre et les résultats ne suivaient logiquement pas. Mais depuis 2004, le club a retrouvé une partie des enchaînements qui le caractérisaient par le passé. La dernière victoire à Rennes (3-0) vient renforcer cette impression, puisque les jaunes y ont réalisé une performance collective intéressante. Nantes ne possède pas des joueurs au physique impressionnant et sa main mise dans l'entrejeu témoigne donc d'une mobilité constante des milieux axiaux (Faé et Toulalan), ce qui a permis de lancer les deux joueurs de couloirs (Da Rocha et Quint), qui ont réalisé une grosse partie. Amisse était d'ailleurs satisfaits du jeu de son équipe à l'issue de la partie : «On savait l'équipe dans de bonnes conditions, on a confirmé. Plus que les trois points, qui sont très importants, c'est la manière. Les gars ont montré beaucoup de sentiment et nous ont donné des moments forts. Je les remercie pour ça.» En effet, ce renouveau dans le jeu se confirme depuis la trêve et le début des matchs retours où en huit journées, les Nantais n'ont concédé qu'une défaite (0-2 à Bordeaux) en huit matchs. Prenant quinze points lors de cette période, ils sont remontés de la dixième à la septième place avec 42 points et se trouvent désormais à seulement quatre points d'Auxerre, cinquième. Une belle réussite pour une équipe qui n'avait pris que 27 points lors des matchs aller où la sérénité est de retour. Amisse : «Indépendamment du groupe, il se passe quelque chose dans le staff aussi. Le climat est sain et on bosse bien. Et cela se répercute sur la vie des pros.»
Un Moldovan en état de grâce
Le retour de l'attaquant roumain s'est fait progressivement puisqu' après une longue période d'inactivité, il avait besoin de retrouver le rythme de la compétition. Mais depuis, quel festival ! Les buts s'enchaînent et l'avant centre ne montre aucun signe de faiblesse : il a déjà inscrit sept buts en six matchs de L1 (dont deux doublés contre Nice et Rennes) plus cinq réalisations dans les deux coupes nationales. On peut donc parler d'un retour fracassant, d'autant que personne ne l'attendait à ce niveau là. Et son apport dans le jeu est important pour l'équipe car son jeu en remises, sa faculté à conserver le ballon ou son jeu de tête, constituent des atouts importants et permettent de bonifier le compartiment offensif des canaris. D'ailleurs le retour au 4-4-2 opéré contre Rennes, avec de vrais joueurs de couloir tels que Quint et Da Rocha, a permis à l'attaquant de toucher de nombreux ballons et on peut penser qu'il s'agira là d'un schéma à approfondir pour l'avenir de la part de Loïc Amisse.
Mais Moldovan n'est pas la seule satisfaction actuelle. Toulalan doté d'un bon potentiel, n'avait rien réalisé de fracassant depuis le début de saison. Mais il semble prendre une nouvelle dimension depuis quelques matchs, et on l'a vu prendre plus de responsabilités dans le jeu à Rennes en l'absence de Berson, blessé. Son duo avec le puissant Faé dans l'entrejeu offre des solutions intéressantes pour sa formation. Avec derrière un Mario Yepes toujours aussi impressionnant et impérial, le FC Nantes peut aller loin s'il continue à faire preuve de l'opiniâtreté démontrée ces derniers temps. Une fin de saison excitante se profile en effet pour les canaris, l'occasion de, peut-être retrouver, l'Europe.
Une fin de saison passionnante
Alors que le club s'est redressé en championnat, il peut même espérer obtenir une place européenne par le biais du championnat puisqu'à quatre points du cinquième, tout reste envisageable. Mais ceci paraît tout de même peu probable et Nantes est encore qualifié dans les deux coupes nationales. La prochaine échéance est le quart de final de Coupe de France contre Rennes à la Beaujoire, qui aura lieu le 16 mars. En battant ces Rennais samedi, Nantes s'est mis dans de bonnes dispositions psychologiques, comme le reconnaissait le Rennais Monterrubio à l'issu de la rencontre : «Il faut en tirer les leçons avant d'aller à la Beaujoire. Psychologiquement, ils ont marqué des points.» Pour autant les Nantais sont tous d'accords pour ne pas considérer cette rencontre de coupe comme acquise, à l'image d'Amisse qui préfère rester prudent : «Maintenant pour la Coupe, rien n'est acquis. Chaque match a sa vérité. On verra en fonction de l'effectif, des suspensions des uns et des autres...» Mais une victoire en Coupe de France ravirait à coup sûr les supporters des canaris qui ont de bons souvenirs dans une compétition remportée à trois reprises, notamment en 1999 et 2000. Quatre ans après, l'occasion est belle de récidiver.
Mais le FCNA disputera surtout la finale de Coupe de la Ligue contre Sochaux au Stade de France le 17 avril. Une épreuve que le club n'a jamais remportée et qui offre une qualification directe pour la Coupe de L'UEFA tout en étant très rémunératrice. Il s'agira là d'une occasion unique de retrouver l'Europe, trois ans après la dernière participation (en C1) et de remporter un trophée manquant au palmarès du club. De quoi transformer en réussite la première saison de l'ère Amisse et de retrouver une certaine stabilité après deux dernières saisons mouvementées sur le plan sportif et en coulisse (problèmes avec Angel Marcos…).
Nantes retrouve des couleurs et peut espérer obtenir une qualification européenne, objectif qui paraissait irréalisable il y a encore quelques semaines. Mais avec une stabilité retrouvée dans le jeu et de meilleurs résultats, la fin de saison des canaris s'annonce passionnante.