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le 28/04/2004 à 20h36

L’OM garde espoir

Objectif initial du club, l'Olympique de Marseille n'est pas encore assuré de disputer une Coupe d'Europe l'année prochaine. Malgré ce constat d'échec, les joueurs de José Anigo effectuent une bonne seconde moitié de saison, notamment grâce à leur parcours en Coupe de l'UEFA. A un mois de la fin de l'exercice 2003-2004, bilan et perspectives de l'OM.

Un élan coupé à Paris

Dimanche soir, les joueurs de l'Olympique de Marseille n'ont pas fait illusion contre le Paris Saint-Germain. Bien trop fatigués suite aux deux dernières rencontres qu'ils ont disputées face à Lille (2-1, match en retard de la trente-deuxième journée de Ligue 1) et à Newcastle (0-0, demi-finale de la Coupe de l'UEFA), les Phocéens ont senti dès l'entame de la rencontre qu'ils ne pourraient pas résister aux assauts parisiens. «Nous n'avions pas les ressources physiques pour nous imposer» , a estimé José Anigo à l'issue de la rencontre. Laurent Batlles fait le même constat : «Il y avait beaucoup de fatigue, et pas assez de récupération après de grands matchs. Mais avec plus de jambes, on aurait pu leur faire plus mal» a déclaré le milieu de terrain de l'OM, buteur en fin de partie. Et l'entraîneur marseillais de conclure : «Ils ont gagné normalement. Ils étaient plus frais, plus conquérants. On n'a jamais gagné les duels. La bataille que l'on a livrée à Newcastle, ce n'était pas rien» .

Les deux buts de Pauleta ne semblent en rien avoir touché le moral de l'effectif marseillais. Tout d'abord car les Phocéens ont perdu dimanche face à des Parisiens qui ont rendu leur meilleure copie depuis le début de la saison et qui, dixit Anigo, «ne seront pas loin de remporter le titre» . Ensuite, car, même si la rivalité entre les deux clubs donne aux confrontations OM-PSG une grande importance, notamment aux yeux des supporters, ce double affrontement annuel ne suffit pas à déterminer le classement final d'une saison. C'est justement ce que le coach marseillais s'est chargé de rappeler lors de la conférence de presse d'après match : «Je ne vais pas me focaliser sur une défaite à Paris. Le Championnat, ce n'est pas deux matches, Marseille-Paris et Paris-Marseille» . Enfin, la dernière raison qui permet aux Phocéens de ne pas douter correspond au fait qu'ils n'en ont tout simplement pas le temps. Dans une semaine, l'Olympique de Marseille jouera une place pour la finale de la Coupe de l'UEFA et rien que pour cela, il est interdit aux joueurs du club des Bouches-du-Rhône de gamberger.

Une fin de saison magique ?

D'autant plus que les Marseillais restent sur une bonne série. Evidemment, pas assez suffisante pour pouvoir prétendre à se mêler à la course au titre ou à celle qui mène à la Ligue des Champions. Mais plus qu'honorable et qui laisse penser aux dirigeants du club que l'OM peut finir la saison en trombe si il gagne la Coupe de l'UEFA et finit dans les cinq premiers de la L1. Car depuis son échec à Bastia au début du mois de mars (1-4), les Phocéens enchaînent les prestations de bonne qualité : trois victoires – Strasbourg (4-0), Lyon (2-1) et Lille (2-1) – et un résultat nul contre Bordeaux (1-1) pour deux défaites – Rennes (3-4) et Paris (1-2) – en Ligue 1 et surtout une qualification pour les demi-finales de la Coupe de l'UEFA – voire plus – grâce à des victoires sur Liverpool (2-1) et sur l'Inter Milan (deux fois sur le score de un but à zéro). L'expérimenté Fabien Barthez ne tarit pas d'éloges sur le parcours de ses coéquipiers en Coupe d'Europe : «Je me souviens de ce match retour à Dniepropetrovsk (0-0), sur ce terrain pourri, qui était un piège, un vrai coupe-gorge…C'était un combat, il fallait des guerriers et plus ça s'est durci, plus ils ont répondu présents. Et Liverpool ! Il faut les sortir, ceux-là, je sais de quoi je parle. Quant à l'Inter, n'en parlons pas» !

A force de travail et d'enthousiasme, José Anigo a relevé une partie de son défi : redonner vie à un effectif qui avait perdu le goût de jouer. Ce qui fait la force de ce groupe n'est sans doute pas sa qualité technique et sa propension à balader l'adversaire, surtout si l'on compare le système de jeu des Marseillais avec celui de Monaco, Lyon ou encore Sochaux. Mais l'OM d'Anigo compte des atouts non négligeables : une capacité à étouffer l'adversaire, notamment à domicile, une volonté énorme et une solidarité qui croît au fur et à mesure de la saison. Comme le répète à longueur d'interview Fabien Barthez, «il existe un super groupe à l'OM» . En s'appuyant sur certains cadres, dévoués à leur club tels Brahim Hemdani et Didier Drogba, et grâce au retour en forme de certains joueurs-clés comme Manuel Dos Santos et Camel Meriem, le coach phocéen a réussi à rallier tous les joueurs, titulaires et remplaçants, derrière la cause marseillaise.

Quel OM pour demain ?

Le gardien international, qui vient de re-signer à l'Olympique de Marseille pour deux ans parce qu'il «s'y sent très bien» et car il «ne vit que du bonheur dans [sa] vie de tous les jours et dans [sa] vie professionnelle» , valorise davantage les performances marseillaises en rappelant le travail accompli depuis la fin de l'année 2003 : «Quand même, quand on pense à notre situation en décembre, quel parcours» , s'exclame l'ancien Mancunien. L'objectif pour les dirigeants du club et le staff technique, c'est à présent une qualification pour la Coupe de l'UEFA. Pour parvenir à atteindre ce but, deux solutions : gagner le titre européen dès cette année ou terminer dans les quatrième ou cinquième (si Sochaux finit quatrième) de la Ligue 1. Actuellement sixième du classement du championnat de France avec 53 points, l'OM ne compte que quatre points de moins qu'Auxerre et Sochaux. Autant dire que la porte reste largement ouverte. De même en UEFA, compétition dans laquelle les Phocéens peuvent légitimement croire en la victoire après leur très bon nul à Newcastle (0-0) et leurs exploits contre Liverpool et l'Inter Milan.

Si Christophe Bouchet et José Anigo parviennent à stabiliser de manière structurelle le club, d'un point de vue sportif mais aussi financier, comme l'avait d'ailleurs entrepris Alain Perrin, l'avenir marseillais pourrait encore plus s'éclaircir. L'arrivée de l'agent de joueurs Pape Diouf à partir du 1er juin au poste de directeur sportif constitue un premier pas dans ce sens. Conserver les joueurs emblématiques du club semble également essentiel : si Barthez est reconduit, il faudra également empêcher l'arme fatale de Marseille, Drogba, de quitter la Canebière. José Anigo, ancien entraîneur des jeunes du club, souhaite aussi s'appuyer sur les jeunes pousses de l'OM. L'éclosion de Mathieu Flamini lui donne pour l'instant raison. Enfin, le recrutement de quelques joueurs de qualité est déjà en chantier : les Sochaliens Benoît Pedretti et Pierre-Alain Frau sont évoqués. Mais avant de se plonger dans la saison prochaine, Marseille va tenter de finir en beauté le mois de mai 2004. Et ce, dès samedi avec le déplacement de Metz en guise de préparation au match retour contre Newcastle. Contre Metz, Hemdani, Marlet et Mido sont d'ores et déjà forfaits… Pas de quoi pour autant altérer le mental des Marseillais.

Le joueur, la stat (6) et la décla : tout pour Fabien Barthez

Fabien Barthez s'est engagé deux ans supplémentaires à l'Olympique de Marseille. Un club et une ville dans lesquels il se sent bien. Avec l'OM, le gardien international de l'Equipe de France a remporté deux titres : Champion de France de D2 en 1995 mais aussi et surtout la Coupe d'Europe des Clubs Champions en 1993. Au club de 1992 à 1995 avant de partir pour Monaco puis Manchester United, le «divin chauve» ne pouvait terminer sa brillante carrière ailleurs qu'à l'Olympique de Marseille. Celui qui n'hésite pas à affirmer que l'OM est «son club» a pourtant rencontré des difficultés pour revenir à son premier amour. On se souvient de l'imbroglio juridico-sportif qui l'a empêché de rejoindre Marseille entre octobre 2003 et janvier 2004 et des conséquences indirectes qu'avait provoqué cette arrivée reportée sur le moral de certains joueurs de l'OM comme Vedran Runje ou Daniel Van Buyten. Aujourd'hui, tout cela est oublié et Fabien Barthez fait le bonheur des supporters du club phocéen. Après des débuts difficiles – autant du à la relative méforme du gardien de but qu'aux déficiences des défenseurs marseillais –, l'ancien Monégasque et Mancunien semble avoir retrouvé à présent toutes les qualités qui font de lui l'un des meilleurs portiers du monde. Deux exemple : d'une part, ses parades décisives face à Liverpool et Newcastle ; d'autre part, le faible nombre de buts encaissés par l'OM depuis le 25 mars 2004, soit en un mois et 8 matchs (Bordeaux, Lyon, Lille, Paris, Liverpool (match retour), Inter Milan deux fois et Newcastle) : 6. Un chiffre qui doit faire plaisir à ce perfectionniste de 32 ans, amoureux du jeu et encore loin d'être «fini» .

A propos de sa signature à Marseille pour deux ans : «Ce n'est pas une histoire de pognon. J'aurais pu en gagner le double en partant dans un club étranger. J'avais envie de Marseille, voilà» .

Après une première partie de saison délicate, l'Olympique de Marseille semble avoir retrouvé le plaisir de jouer et de gagner. Pour finir l'année sur une bonne note, les Phocéens doivent cependant se qualifier pour la Coupe de l'UEFA. Pour y parvenir, l'OM doit remonter au classement de L1 ou remporter la compétition européenne dès cette saison. Réponse les 19 mai (date de la finale de la Coupe de l'UEFA) et 23 mai (date de la fin du championnat de France de Ligue 1) prochains.

Par Rodolphe Cazejust, le 28/04/2004 à 20h36


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