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le 17/04/2026 à 20h00

Arabie Saoudite : Renard tombe de haut

Arabie Saoudite : Renard tombe de haut
Herné Renard n'est plus le sélectionneur de l'Arabie Saoudite.
À moins de deux mois de la Coupe du monde 2026, l'Arabie Saoudite a finalement tranché en écartant Hervé Renard. Une décision brutale, d'autant plus frappante qu'elle intervient après une qualification validée et quinze jours seulement après des signaux publics plutôt rassurants autour de son maintien.

La gifle est immense pour Hervé Renard. Revenu à l'automne 2024 pour reprendre une sélection qu'il connaissait parfaitement, avec l'idée de retrouver un Mondial après l'exploit de 2022 contre l'Argentine, l'entraîneur français se voyait déjà boucler l'aventure sur la plus grande scène. Au lieu de cela, le Savoyard sort par la petite porte, lui-même confirmant son éviction à l'AFP avec un laconique «c'est le football…» .

Des résultats en berne

Sur le fond, son licenciement ne repose pas uniquement sur les deux défaites de mars contre l'Égypte et la Serbie, même si ce 0-4 puis ce revers qui a suivi ont clairement servi de déclencheur final. Le problème est plus large. Depuis son retour, l'Arabie Saoudite a soufflé le chaud et surtout le froid, avec une qualification certes obtenue, mais sans vraie dynamique rassurante, et avec plusieurs tournois très décevants dans l'intervalle. La Coupe du Golfe avait déjà laissé une impression pénible, tout comme la Gold Cup, avant une Coupe arabe 2025 conclue seulement à la 3e place alors que les attentes étaient nettement plus élevées.


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C'est sans doute ce tournoi arabe qui a le plus abîmé son crédit. Avec une équipe saoudienne proche de son onze fort, finir derrière des sélections moins armées ou avec une équipe C voire plus pour le Maroc a nourri un doute profond chez les décideurs. La défaite contre les Comores, la demi-finale perdue contre la Jordanie, puis cette incapacité générale à imposer une vraie supériorité ont laissé l'image d'une sélection lourde, peu tranchante et déjà loin du souffle de 2022. Les deux amicaux ratés de mars n'ont fait que remettre une lumière crue sur un malaise ancien.

Un problème profond

Le plus dur pour Renard, c'est qu'il paie aussi un mal qu'il ne maîtrise pas totalement. Avant lui, Roberto Mancini avait déjà pointé le vrai poison de cette sélection : le manque de temps de jeu des internationaux saoudiens dans leur propre championnat, expliquant qu' «aujourd'hui, 50 à 60 %» d'entre eux ne jouaient plus assez à cause du poids croissant des étrangers dans la Roshn Saudi League. Ce diagnostic n'a pas disparu avec son départ. Il s'est même aggravé à mesure que la ligue locale est devenue une vitrine mondiale avec l'objectif ultime de la Coupe du monde 2034.


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C'est tout le paradoxe saoudien. Le royaume a construit un championnat plus riche, plus visible et plus bankable, mais a fragilisé sa base nationale au passage. Renard tombe donc pour des résultats jugés insuffisants, pour une préparation chaotique et pour une image de sélection en perte de repères. Mais son licenciement dit surtout autre chose : l'Arabie Saoudite veut des résultats immédiats sans avoir encore résolu la contradiction entre vitrine internationale et développement local. Et tant que ce noeud ne sera pas défait, le prochain sélectionneur héritera du même cadeau empoisonné que Mancini dénonçait déjà en 2024.

Que pensez-vous de l'éviction d'Hervé Renard par l'Arabie Saoudite ? N'hésitez pas à réagir et débattre dans la zone «Ajouter un commentaire» ...

Par Youcef Touaitia, le 17/04/2026 à 20h00

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