

Les supporters ont parfois dû casser leur tirelire. La FIFA, elle, a rempli ses caisses. Selon The Athletic, l'instance devrait avoir encaissé près de 5 milliards de dollars grâce à la billetterie et aux prestations d'hospitalité du Mondial 2026. Un montant encore provisoire, dans l'attente d'un audit.
Un Mondial à prix d'or
Au Qatar, en 2022, ces activités avaient rapporté 929 millions de dollars. Quatre ans plus tard, les recettes ont été multipliées par 5,4 ! Le passage de 32 à 48 équipes, avec 104 matchs contre 64, explique une partie de cette hausse. Mais pas tout. Rapportées à une rencontre, les sommes encaissées sont passées de 14,5 à 48,1 millions de dollars. Plus du triple ! La FIFA avait pourtant prévu 3,3 milliards de dollars de recettes. Avec 1,7 milliard de plus qu'espéré, le dépassement atteint plus de 50%. Et les comptes ne sont même pas encore définitifs.
Pour arriver à un tel résultat, l'instance n'a pas hésité à pousser les prix. Tarification dynamique, billets pour la finale à partir de 4 185 dollars, commissions de 15% prélevées sur les vendeurs comme sur les acheteurs lors des reventes... Les supporters ont protesté, avec notamment une plainte déposée en mars auprès de la Commission européenne. La FIFA a fini par mettre en vente un nombre limité de places à 60 dollars, sans changer le fond de sa politique. Résultat, les stades ont accueilli 6,81 millions de spectateurs, avec un taux de remplissage de 99,7%. Plus de 642 000 formules d'hospitalité ont également trouvé preneur. Les prix ont fait grincer des dents, pas fuir le public.
Un trésor de guerre pour Infantino
Et les bénéfices dépassent largement le Mondial. Gianni Infantino table désormais sur plus de 15 milliards de dollars de revenus pour le cycle 2023-2026, contre 7,57 milliards sur les quatre années précédentes. Droits télévisés, sponsors et autres compétitions viennent compléter les recettes du tournoi. La FIFA prévoit même un excédent compris entre 5,2 et 5,6 milliards de dollars. Une manne qui doit notamment alimenter son programme de solidarité, avec 6,35 milliards consacrés au développement du football entre 2027 et 2030. Chaque fédération pourrait toucher jusqu'à 25 millions de dollars, si le dispositif est validé.
De quoi renforcer Infantino avant l'élection de mars 2027. L'été n'avait pourtant pas été de tout repos. Son projet d'ouvrir certaines activités commerciales de la FIFA à des investisseurs privés avait provoqué une fronde, jusqu'au retrait du soutien de la Fédération Française de Football. Contraint de renoncer, le Suisse avait présenté ses excuses. Mais le 23 octobre, la Confédération asiatique, pourtant opposée au projet, lui a apporté son soutien. Un revirement notable, même si toutes ses fédérations ne voteront pas nécessairement pour lui. Difficile de savoir quelle place ont joué les promesses financières dans ce rapprochement. Mais avec autant d'argent à redistribuer, Infantino possède un sérieux atout pour convaincre.
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